Joe Kent démissionne du NCTC : « Cette guerre est celle d’Israël »
Il y a des démissions qui se font dans le silence feutré des couloirs du pouvoir, avec communiqués bien polis et remerciements mutuels. Et puis il y a celle de Joe Kent. Le directeur du Centre national antiterroriste des États-Unis (NCTC) a claqué la porte ce 17 mars 2026 en publiant sur X une lettre ouverte à Donald Trump d’une franchise qui a immédiatement mis le feu à Washington — 15 millions de vues en quelques heures, une couverture breaking news du New York Times, et une onde de choc qui traverse tout le spectre politique américain.
Le message est sans détour : Joe Kent dit ne pas pouvoir, en conscience, soutenir « la guerre en cours en Iran ». Et pour cause — il l’affirme noir sur blanc : l’Iran ne représentait aucune menace imminente pour les États-Unis. La guerre, selon lui, a été déclenchée sous la pression d’Israël et de « son puissant lobby américain ».
Quand un béret vert dit stop
Joe Kent n’est pas un idéologue de salon. C’est un vétéran qui a effectué onze déploiements en zone de combat. Un « Gold Star husband » — terme américain pour désigner les conjoints de soldats tués au combat — qui a perdu sa femme Shannon dans ce qu’il appelle désormais « une guerre fabriquée par Israël ». Autant dire que lorsqu’un homme avec ce parcours décide de prendre la plume pour dire à un président en exercice que la guerre qu’il mène est une erreur construite de toutes pièces, ça ne ressemble pas à un caprice d’amateur.
Dans sa lettre adressée directement à Donald Trump, Joe Kent rappelle d’abord ce qui l’avait convaincu de servir sous cette administration : le refus affiché de s’embourber dans des guerres sans fin au Moyen-Orient. Il cite la première administration Trump, qui avait su « exercer la puissance militaire de façon décisive sans se laisser entraîner dans des conflits interminables » — référence à l’élimination de Qassem Soleimani et à la lutte contre Daech, menées sans escalade incontrôlée.
La mécanique du piège
Puis Joe Kent décrit, avec une précision clinique, comment la donne a basculé à partir de juin 2025. Des responsables israéliens de haut rang et des éléments influents des médias américains auraient orchestré, selon lui, « une campagne de désinformation » destinée à saper la plateforme America First et à fabriquer un sentiment pro-guerre contre l’Iran. Le message martelé en boucle : l’Iran représente une menace imminente, une frappe rapide suffirait à remporter une victoire éclair.
Joe Kent qualifie cela de « mensonge » — et de répétition exacte du scénario utilisé pour entraîner les États-Unis dans le désastre irakien, qui a coûté la vie à des milliers de soldats américains. La formulation est chirurgicale : « C’est le même stratagème qu’Israël a utilisé pour nous attirer dans la désastreuse guerre d’Irak. Nous ne pouvons pas répéter cette erreur. »
Une bombe dans l’appareil sécuritaire
Ce qui rend cette démission proprement explosive, c’est son contexte institutionnel. Joe Kent ne commentait pas depuis un plateau télé ou un think tank — il dirigeait le Centre national antiterroriste, l’organisme chargé de coordonner l’ensemble du renseignement antiterroriste américain, placé sous l’autorité de la Directrice du Renseignement national Tulsi Gabbard. Il avait donc accès aux évaluations classifiées sur la menace iranienne réelle. Et il dit : il n’y avait pas de menace imminente.
La portée politique de l’aveu est considérable. Si le directeur du NCTC lui-même estime que la justification de la guerre était fabriquée, c’est l’ensemble de l’édifice narratif qui s’effondre — celui que l’administration Trump a pourtant vendu à l’opinion publique américaine depuis des mois, sous pression israélienne et médiatique.
Candace Owens achève le tableau
L’onde de choc ne s’est pas arrêtée aux cercles institutionnels. Candace Owens, figure de la droite populiste américaine, a réagi en des termes qui ont achevé de dynamiter le consensus washingtonien. Pour elle, Joe Kent est « un héros américain, un patriote et un vétéran ». Donald Trump ? « Un président honteux. » Elle appelle les soldats américains à suivre l’exemple de Joe Kent et à invoquer l’objection de conscience contre ce qu’elle nomme sans ambages la « guerre de la génisse rouge de Bibi » — référence au rituel biblique instrumentalisé par certains cercles israéliens d’extrême droite pour justifier la destruction de l’esplanade des Mosquées. « Goyim, reposez les armes », conclut-elle.
Difficile de trouver formulation plus radicale dans l’espace médiatique américain grand public.
« Vous tenez les cartes »
Joe Kent termine sa lettre en suppliant Donald Trump de « réfléchir à ce que nous faisons en Iran, et pour qui nous le faisons ». Il lui rappelle qu’il peut « inverser le cours » ou laisser le pays « glisser vers un déclin catastrophique et le chaos ». « Vous tenez les cartes », écrit-il.
C’est à la fois un avertissement et un ultimatum politique, formulé avec les codes de la loyauté militaire — respectueux en apparence, dévastateur dans les faits. Reste à savoir si Donald Trump lira vraiment cette lettre. Ou si, comme pour tant d’autres signaux d’alarme lancés par ceux qui connaissent le terrain, elle finira noyée dans le flux d’une guerre déjà engagée — et des intérêts qui entendent bien la voir se poursuivre.
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