fbpx

François Boulo : « Nous sommes dans une dérive autoritaire du régime »

Dans un très long entretien vidéo de plus d’une heure, François Boulo, figure médiatique des Gilets Jaunes (et avocat de formation) revient, avec son éloquence et son argumentation implacables, sur les origines de son engagement, sur le grand débat national orchestré par le chef de l’Etat, les revendications qu’il porte depuis le début ainsi que […]

propos recueillis par

Dans un très long entretien vidéo de plus d’une heure, François Boulo, figure médiatique des Gilets Jaunes (et avocat de formation) revient, avec son éloquence et son argumentation implacables, sur les origines de son engagement, sur le grand débat national orchestré par le chef de l’Etat, les revendications qu’il porte depuis le début ainsi que l’Union européenne qu’il juge être un péril pour la France et enfin la répression policière de l’Etat qu’il juge « autoritaire ».

« Les gens se sont sentis trahis depuis quarante ans et aujourd’hui, ils ne souhaitent plus être dépossédés de leur pouvoir de décision individuel », c’est en ces termes que François Boulo lance cet entretien dans les locaux de Putsch. Il est depuis quelques semaines sollicité massivement par de nombreux Gilets Jaunes et notamment Eric Drouet pour devenir porte-parole national des Gilets Jaunes. Lorsqu’on lui pose la question, François Boulo répond sans détour : « Je suis touché par cette reconnaissance et j’en suis flatté. Cependant, le pouvoir exécutif ne veut rien entendre. Il ne veut pas dialoguer, ni négocier. La question qui se pose à cela : est-ce utile ? A ce jour, je suis porte-parole à Rouen et je bénéfice d’une tribune médiatique pour m’exprimer. Et s’il devait y avoir des porte-parole, il faudrait en réalité un collectif car l’une des forces du mouvement est d’avoir fait émergé plusieurs voix qui permettent de rassembler et de fédérer ».

 

« S’il devait y avoir des porte-parole, il faudrait en réalité un collectif car l’une des forces du mouvement est d’avoir fait émergé plusieurs voix qui permettent de rassembler et de fédérer »

 

Lorsqu’il aborde son action au sein du mouvement Gilets Jaunes, François Boulo revient sur sa charte et explique « qu’un outil informatique est en cours de préparation pour mettre de faire voter les gens, et ainsi de donner de la force à toutes les personnes de légitimer cette charte. Ainsi, nous pourrons nous appuyer sur cette charte pour débattre sur les plateaux ».

Concernant le traitement médiatique des Gilets Jaunes, François Boulo reconnaît que les médias « n‘ont pas invisibilisé le mouvement et ils nous ont donné la parole. Néanmoins, les médias invitent des gens qui n’ont aucune légitimité et qui n’ont été désignés par personne. Puis il y a ceux qui ont pris des initiatives rejetées par la quasi-unanimité du mouvement. Je vise bien sûr les personnes qui vont présenter des listes aux européennes. Cela dessert le mouvement ». Il poursuit  « je suis contre le fait de se présenter aux européennes car le Parlement européen n’a aucun pouvoir. Cela va à l’encontre du mouvement qui souhaite obtenir des avancées immédiates et concrètes. Il y a une urgence ».

 

« Les médias invitent des gens qui n’ont aucune légitimité et qui n’ont été désignés par personne. Puis il y a ceux qui ont pris des initiatives rejetées par la quasi-unanimité du mouvement. Je vise bien sûr les personnes qui vont présenter des listes aux européennes »

 

François Boulo a également pourfendu la politique d’Emmanuel Macron sur le plan européen et a déploré notamment la signature du traité d’Aix-La-Chapelle : « Je ne comprends pas pourquoi on continue à être le bon élève de la classe dirigé par l’Allemagne. Il faut arrêter de se soumettre à elle. L’Allemagne n’est pas solidaire (…) Avec cette Europe, les peuples sont en train de mourir et la colère monte. » Concernant le grand débat, François Boulo est clair « l’exécutif essaie de nous vendre des solutions qui étaient déjà dans le programme d’Emmanuel Macron comme la réduction du nombre de députés ou la prise en compte du vote blanc. Tout cela est une vaste blague ». 

 

« Je ne comprends pas pourquoi on continue à être le bon élève de la classe dirigé par l’Allemagne. Il faut arrêter de se soumettre à elle. L’Allemagne n’est pas solidaire »

 

Concernant les origines du mouvement et la présence importante de drapeaux français dans les cortèges, François Boulo analyse : « Je pensais que la capacité du peuple français à se révolter soit anéantie par des années de propagande médiatique sur l’idéologie néolibérale. Ce qui fait notre fierté, nous portons des valeurs universelles. Etre fier d’être français, c’est être fier de défendre ces valeurs universelles qui respectent la dignité humaine, le partage ainsi que la liberté, légalité et la fraternité. C’est en réalité une ouverture sur le monde ».

 

 

Lorsqu’on lui pose la question du Frexit, François Boulo explique que « parce que les gens ont décidé de réinvestir le champ politique, il permet précisément d’élever le niveau de conscience et de façon très rapide. Les gens ont fait le lien entre cette politique économique qui est en train de tuer les peuples et la précarité. Car l’Union européenne n’est pas celle des peuples, mais celle des actionnaires, des banques et des multinationales ».

 

« Car l’Union européenne n’est pas celle des peuples, mais celle des actionnaires, des banques et des multinationales »

 

Suite à la polémique sur l’intégration de la Mission Sentinelle dans le dispositif de maintien de l’ordre pour l’acte 19, François Boulo est catégorique : « C’est une atteinte grave à un droit fondamental qui est celui de manifester« . De plus, il ajoute, « je ne savais pas que nous avions voté les pleins pouvoirs au Président de la République ou au Ministre de l’Intérieur ou à son Secrétaire d’Etat pour modifier à eux seuls, le code pénal notamment sur l’idée de responsabilité individuelle (…) En réalité, c’est une manière d’intimider les gens à ne pas se mobiliser (…). Nous sommes dans une dérive autoritaire du régime au vu de la répression policière inouïe qui s’est abattu sur le mouvement à l’initiative de l’exécutif« .

 

« Je n’ai pas pleuré pour le Fouquet’s. Je suis très clair. Mes larmes sont pour les gens qui ont été blessés et mutilés »

 

« Concernant les violences, le traitement médiatique est insupportable. On nous met en boucle des images de violences et de casses matérielles. Je n’ai pas pleuré pour le Fouquet’s. Je suis très clair. Mes larmes sont pour les gens qui ont été blessés et mutilés. Mais par pour la casse matérielle. Car la plupart des médias passent sous silence les blessures de guerre qui sont infligées aux manifestants.(…) Je comprends très bien la colère et la rage face un exécutif qui ne veut rien entendre. Mais je vois bien le lien extrêmement étroit entre la colère et la violence, ou son acceptation. Je pense que c’est un piège. Il ne faut pas tomber dans ce piège de la violence ».

 

« Je vois bien le lien extrêmement étroit entre la colère et la violence, ou son acceptation. Je pense que c’est un piège. Il ne faut pas tomber dans ce piège de la violence »

 

L’entretien est à retrouver en exclusivité et en intégralité en vidéo en cliquant sur l’image ci-dessous :

 

 

 


(crédit photos à la une et au milieu de l’article : François Boulo © Ireal – à la fin de l’article : François Boulo © Putsch)

Il vous reste

2 articles à lire

M'abonner à