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André Perrin : « Le débat intellectuel est gouverné par une logique d’exclusion qui repose elle-même sur la disqualification de celui qui pourrait vous contredire »

Les Editions de l’Artilleur ne sont pas avares de débats et de voix discordantes. Et chez Putsch, elles trouvent régulièrement une oreille attentive. Cette fois-ci, c’est l’ouvrage d’André Perrin, agrégé de philosophie, enseignant et Inspecteur d’Académie qui nous gratifie d’un propos passionnant sur « l’intimidation contre le débat » dans « Scènes de la vie intellectuelle en France ». Nous nous sommes empressés de lui proposer un entretien auquel il a répondu favorablement. Peut-on encore débattre en France ? André Perrin nous répond.

Une première question simple : André Perrin, pourquoi ce titre « Scènes de la vie intellectuelle en France? »
Ce titre m’a été suggéré par Jean-Claude Michéa, qui en souligne lui-même le côté « balzacien » dans sa préface, et je l’ai aussitôt adopté parce qu’il rendait compte de la diversité des thèmes qu’aborde mon livre, tout en laissant présager derrière elle une certaine unité. En effet ce livre n’était pas originellement destiné à devenir un livre. Les chapitres qui le composent ont été écrits au fur et à mesure que l’actualité m’en fournissait la matière à travers des débats qui ont agité le landernau médiatique : faut-il supprimer le mot race de la Constitution ? Toutes les civilisations se valent-elles ? La langue est-elle sexiste ? Le terrorisme islamique n’ a-t-il rien à voir avec l’islam ? Expliquer, est-ce excuser ? Or si ces questions étaient d’une grande diversité, la manière dont elles ont été traitées sur la scène intellectuelle française était au contraire tristement répétitive. Ce qui caractérise cette manière, c’est ce qu’il est désormais convenu d’appeler le « politiquement correct ».

Pourquoi Jean-Claude Michéa était-il intellectuellement le plus pertinent pour préfacer votre livre et introduire la notion « d’idéologie intellectuelle »?
Vous avez peut-être remarqué que mon livre a été porté sur les fonds baptismaux, si j’ose dire, à la fois par Jean-Claude Michéa et par Pierre Manent, deux philosophes que tout oppose en apparence, l’un de tradition marxiste, grand pourfendeur du libéralisme, l’autre catholique, ancien disciple et principal successeur de Raymond Aron – et qui pourtant s’entendent fort bien. Il faudrait d’ailleurs y ajouter un troisième nom, celui de Catherine Kintzler, philosophe républicaine et socialiste, grande théoricienne de la laïcité, qui fut la première à publier mes textes. Il faut donc …

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