Tour de France : la Légion d’honneur du cycliste

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Marcel Amont célébrait la gloire du maillot bouton d’or. Désormais, le Yellow jersey est maculé de sauce anglaise et les divers passages au lave-linge n’ont fait que rétrécir son prestige et ternir son éclat.

Deux journalistes de Libération entreprennent à point nommé de redorer « le plus prestigieux des maillots », à travers les souvenirs de champions qui l’ont porté au moins un jour (Dominique Gaigne) ou une infinité de fois (les 96 maillots de Merckx). Cyclisme d’un autre temps, lorsqu’Antonin Rolland, 94 ans, rappelle « au ravitaillement, on trouvait parfois des biftecks entiers dans les musettes ». Grande Boucle de toujours, selon Cédric Vasseur : « Le maillot jaune, c’est finalement la Légion d’honneur du cycliste ». Le graal, un rêve d’enfant plutôt qu’une ambition. Célébré par Lucien Aimar « c’est le soleil qui arrive, c’est le bon Dieu qui descend sur la terre ». Pour le contredire, Cadel Evans : « Je ne suis pas un romantique du cyclisme ». Recadrant le débat, le sentiment de Nibali sur l’arrivée de Sky dans le peloton professionnel : « à l’opposé de ma conception du cyclisme ». Pedro Delgado n’en a cure ; il avait flirté bien avant avec le mayo yaune. Si vous espériez que l’ambigu Jan Janssen lève le voile sur son succès de 1968 – sans avoir jamais porté la précieuse tunique – vous en serez pour vos frais. C’était le temps des manigances de Félix Lévitan…

Les Chiapucci, Contador, Gimondi, Merckx, Pereiro, Simon, Van Impe,Virenque, Voeckler et Thévenet (qui a grandi dans un hameau appelé Le Guidon), renchérissent d’abondance : le maillot jaune, cela change une vie. Le tout, c’est de savoir redescendre de l’Olympe.
Un grand absent de ce florilège : Bernard Hinault, dont on sait qu’il n’en pense pas moins…
A lire comme on dispute un contre la montre : seul et survolté.

« Secrets de maillots jaunes », sous la direction de Pierre Carrey et Luca Endrizzi, Hugo Sport. 17,50 euros

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