BARBARA LEFEBVRE

Barbara Lefebvre : « Nos dirigeants ne connaissent pas le réel des Français. Ils ont du mépris pour tous les peuples qui revendiquent un attachement fort à leur identité »

Barbara Lefebvre n’est pas une inconnue. Depuis sa participation à l’ouvrage collectif de Georges Bensoussan “ Les territoires perdus de la République”, elle a été classée par une frange du milieu intellectuel dans le camp des conservateurs. Barbara Lefebvre a déjà publié quatre ouvrages et s’est notamment opposée à Emmanuel Macron en avril dernier dans l’Emission Politique de France 2 sur ces thèmes.

Barbara Lefebvre publie “ Génération, j’ai le droit” sur l’état actuel de l’éducation qu’elle considère comme “une faillite collective accablante”. Elle développe sa pensée dans ce solide entretien dans lequel elle alerte sur les carences graves et une idéologie qui met en péril notre système éducatif et plus largement nos valeurs républicaines. Un entretien passionnant avec une figure intellectuelle brillante, de plus en visible et qui dérange.

Pourquoi avoir choisi une citation de Spinoza en introduction du livre? «L’Homme raisonnable» est-il une espèce en voie de disparition selon vous?
Par l’originalité en son temps de sa pensée sur la question du rapport entre religion et politique en faveur d’une autonomie de cette dernière à l’égard de la première (sans pour autant mépriser ou nier la valeur de la religion dans la vie de l’homme), Spinoza est d’une certaine façon le père de la laïcité moderne. Il pense l’espace public très différemment du reste des philosophes de son temps. Il dit d’ailleurs dans le Traité théologico-politique que « la paix et la tranquillité publiques ne peuvent se maintenir si chacun doit vivre selon le jugement particulier de sa pensée ». C’est pour moi la plus claire définition du principe de laïcité.
Quant à savoir ce qu’il est advenu de « l’homme raisonnable », je pense que ce qui pose pour nous le plus grand problème c’est davantage l’avènement de « l’homme irresponsable ». J’entends par là le refus ou l’impossibilité de nombreux adultes d’assumer leur responsabilité de guide, de pédagogue au sens étymologique du terme, à l’égard des générations nouvelles, en tant que parent-éducateur, en tant qu’enseignant. Les adultes doivent être des repères, des modèles de stabilité et de cohérence éducative à l’égard des enfants-élèves. Certains parents « ados attardés » ou certains « profs-copains » ne rendent …

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