Nicolas Zeimet : l’auteur prêt à entrer dans une autre dimension

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Par Marc Emile Baronheid – La bibliographie de Nicolas Zeimet est riche d’un Prix Plume d’Or 2015, dont les initiés connaissent la valeur réelle. Courant désormais sous la casaque de Jigal, il est prêt à entrer dans une autre dimension.

Témoin ce Retour à Duncan’s Creek, livre ambitieux, dense et tiré au cordeau. Le roman d’un trio d’amis, solidaires comme les doigts de la main, marqués à jamais par le drame vécu dans le petit village de l’Utah où ils ont grandi. S’il n’est pas maîtrisé, le va-et-vient systématique – et passablement lassant – du présent au passé risque d’ankyloser le récit. Zeimet obtient la mention bien, pour une odyssée alternant noirceur et romantisme, tendresse et violence, évasion et désespoir. Une fille, deux garçons, trois destins qui se décroisent, un secret insupportable, l’effet boomerang d’une adolescence mal enterrée, la démonstration du bon usage intrafamilial de la batte de baseball, un Zeimet nouveau qui exerce joliment son droit d’inventaire : le catalogue de Super Jimmy se consolide à vue d’œil. Lorsque l’éditeur se décidera à (faire) relire soigneusement les épreuves de sa production, on commencera à regarder sa maison comme le possible Jigallimard du roman policier.

« Retour à Duncan’s Creek », Nicolas Zeimet, éditions Jigal, 19 euros

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