The Fear : une série brutale mais brillante

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Par Nicolas Vidal – bscnews.fr / Avec le déferlement de séries qui abreuvent nos téléviseurs et nos ordinateurs, il faut savoir s’arrêter de temps à autre sur un opus qui mérite que l’on s’y attarde. The Fear fait partie de ceux-là.

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Peter Mullan, acteur et réalisateur écossais est le (anti)héros de la mini-série « The Fear» qui met en scène la chute d’un parrain de Brighton, frappé par la maladie d’Alzheimer qui ne parvient plus à gérer ses affaires et à se maîtriser.
La série est en ce sens atypique tant par son format très court de 4 épisodes que par son propos et son rejet du manichéisme. Richie Beckett gère un parc immobilier immense dans la cité balnéaire de Brighton où il continue de peser économiquement en finançant par exemple sur ses fonds propres la rénovation de la jetée qui portera son nom. Le début de la série plonge le spectateur dans les dernières heures de gloire du caïd qui s’ouvre sur l’inauguration de ce nouveau programme immobilier. Ses deux fils vivent à ses dépens tout autant que sa femme avec qui il ne fait plus que cohabiter. Celle-ci dirige une galerie d’Art dans le centre de Brighton financé uniquement par Richie.
Les premiers symptômes de la maladie surviennent très rapidement avec des coups de folie et une perte de contrôle sur les choses. Simultanément, un gang d’Albanais s’installe sur Brighton avec la volonté de prendre le pouvoir sur la ville. On croit comprendre que Richie Beckett a régné en maître sur la ville pendant toutes ses années et il doit faire face à un gang rival déterminé à l’éliminer au plus mauvais moment de son règne.
Malgré sa détresse, le personnage de Richie Beckett ne provoque aucune empathie tant sa personnalité reste ancrée dans celle d’un mafieux prêt à tout pour conserver son empire. Et c’est tout l’intérêt de cette série qui met en lumière cette toute-puissance qui se désagrège au fil des épisodes et qui ne peut plus être dissimulée. C’est ainsi que Richie Beckett perd son pouvoir et son autonomie auprès de sa famille, de ses associés, de ses hommes de main jusqu’à ses adversaires. Ses deux fils joués Harry Lloyd (Games of Thrones) et Paul Nichols ( Secret Diary of a call Girl) sont les témoins autant que les victimes de la déchéance de Richie Beckett, pris dans la peur de tout perdre.
Une série qui allie la brutalité de l’univers des mafias à celle de la maladie qui pousse une famille à se retrouver pour faire face de façon presque shakespearienne dans la construction et dans l’approche du personnage. Intelligente, violente et dramatique, The Fear est une série à voir de toute urgence.

The Fear
de Richard Cottan – Avec Peter Mullan, Harry Lloyd, Paul Nicholls
4 X 50 minutes – VOST /VF
Editions Montparnasse

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