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Marie-Pierre Rey narre une singulière rencontre franco-russe

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Par Régis Sully – bscnews.fr/ Photo Didier Pruvot – Flammarion Marie-Pierre Rey relate avec talent et clarté un épisode un peu oublié de notre histoire, celui où le 31 mars 1814, Alexandre 1er, le tsar, entouré du roi de Prusse Frédéric-Guillaume III et du prince Schwarzenberg représentant l’empereur d’Autriche, entre dans Paris. C’est le résultat de la campagne de France qui vient clore le reflux des armées françaises amorçait en Russie en 1812.

Si le tsar se retrouve à Paris c’est en grande partie dû à sa volonté, passant outre les avis de son entourage qui penchait pour un arrêt des combats une fois le territoire de l’empire russe libéré. Car Alexandre 1er a l’ambition de débarrasser l’Europe d’un pays hégémonique et de rétablir par là un continent où l’équilibre des puissances serait un facteur de paix. L’ambition du tsar ne s’arrête pas là, loin d’imposer le retour des Bourbons sur le trône de France, il compte laisser les Français régler la question. C’est en grande partie Talleyrand qui fera pencher la balance vers la restauration des Bourbons donc en faveur de Louis XVIII. Non seulement cet autocrate n’avait pas opté d’emblée pour le retour pur et simple de la dynastie déchue mais il va une fois le choix du régime arrêté déployer beaucoup d’ énergie pour forcer le nouveau pouvoir à s’accommoder de l’air du temps, c’est à dire le pousser à élaborer une constitution et à garantir un certain nombre de libertés. Le 1er mai 1814, à Compiègne, Alexandre 1er rencontre Louis XVIII et l’invite à dater son règne du jour où il sera proclamé roi. Ce conseil en dit long sur l’état d’esprit du tsar. Lors du premier traité de Paris Alexandre 1er fera en sorte de ne pas trop pénaliser la France ainsi aucune indemnité n’est exigée. Il essaiera de rendre l’occupation de la capitale par ses troupes la moins douloureuse possible. Pendant son séjour à Paris, le tsar ne dédaigne pas les mondanités jusqu’à fréquenter Joséphine de Beauharnais ainsi qu’Hortense, sa fille. Marie-Pierre Rey restitue avec érudition les relations entre les occupants et les Parisiens. La France et les Français avaient en la personne du tsar un homme bienveillant à leur égard. Mais si ces derniers doivent beaucoup au tsar, les Russes ne sont pas sortis indemnes de ce séjour en France, certains y sont restés définitivement, d’autres, des officiers, contaminés par les idées libérales seront à l’origine de la création de sociétés secrètes qui fomenteront le complot de décembre 1825. Le 3 juin 1814 Alexandre 1er quitte Paris en laissant le soin à Pozzo di Borgo, son ambassadeur de veiller à la sauvegarde des dispositions libérales du régime et à l’amélioration des relations franco-russes. Il reviendra dans la capitale de la France fin juin 2015 mais dans des circonstances plus sombres car l’épisode des cent-jours avait considérablement irrité les coalisés. En dépit de la situation, Alexandre tentera de limiter les sanctions mais la confiance placée précédemment dans Napoléon le discrédite aux yeux de ses alliés.
Passionnant de bout en bout Marie-Pierre Rey restitue un tsar ouvert sur son époque, désireux d’instaurer un équilibre entre les grands pays du continent européen où la Russie occuperait toute la place qui lui revient. A lire.

Un Tsar à Paris
de Marie-Pierre Rey
Editions: Flammarion
Collection: Au fil de l’histoire
Prix : 22€

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