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L’envers des maux : un spectacle vivant et déjanté

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Par Mélina Hoffmann – bscnews.fr/ D’un côté de la scène, une jeune fille et sa mère regardent depuis leur canapé l’émission de télé « Qui gagne combien ? ». De l’autre côté, le présentateur anime l’émission en question sur fond de rires et applaudissements enregistrés. A tour de rôle, un côté s’anime tandis que l’autre se met au ralenti, faisant ainsi basculer notre attention de l’un à l’autre. La jeune fille est épileptique et sujette à des absences. Sa mère, quant à elle, est bègue mais préfère se faire passer pour muette et vivre sa différence dans l’enfermement.

C’est autour de ces deux personnages attachants et de leurs handicaps que s’articule la pièce. Loin de susciter l’apitoiement, c’est sur le ton de l’humour que le thème est abordé et dédramatisé. Les scènes s’enchaînent avec beaucoup d’habileté, les dialogues sont vifs et rythmés par les approximations langagières de la jeune femme dont les mots trébuchent souvent, comme pour rendre les maux plus légers, les enrober d’un humour tendre. On se met d’ailleurs rapidement à guetter, à attendre l’expression un peu de travers du genre : « Elle est têtue comme une muse », « Au fur et à l’usure », « J’aurais voulu que ça se passe en bon uniforme »… !
Pas le temps de s’ennuyer, du coup, dans ce spectacle vivant et déjanté, servi avec beaucoup de finesse et de justesse par cinq comédiens énergiques et un musicien dans une mise en scène sobre mais néanmoins subtile et efficace. Une mention toute particulière pour les deux jeunes femmes qui interprètent leurs rôles avec une aisance, un naturel et une douceur remarquables. Si la continuité entre les scènes n’est pas toujours évidente et que le lien entre les éléments peine parfois à se faire, il n’en reste pas moins qu’il y a dans cette pièce beaucoup d’intelligence, de sensibilité, de créativité et d’optimisme. En somme, tout ce qu’il faut pour que, sur les maux, ce soit finalement les mots qui l’emportent.

L’envers des maux
D’Ariane Brousse
Mise en scène : Pénélope Lucbert
Création musicale et musique live : Oscar Clark
Avec Ariane Brousse, Ivan Herbez, Julie Ravix, Jean-Claude Jay et Edouard Michelon.

Au Théâtre du Lucernaire
Du 5 février au 30 mars 2014
 du mardi au samedi à 21h30 ; le dimanche à 17h


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