Qui a peur de lire Virginia Woolf ?

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Par Marc Emile Baronheid – bscnews.fr / La seule chose qui étonne dans l’accueil de Virginia Woolf en Pléiade est le délai écoulé depuis sa disparition volontaire : plus de 70 ans … Comme si la noyade de l’auteure avait englouti durablement une œuvre dont, pourtant, l’importance et la signification n’ont jamais fait débat.

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On acceptera par convention d’appeler romans et nouvelles les œuvres réunies en deux volumes, selon l’ordre chronologique. Convention parce que Woolf elle-même écrivait « Je crois bien que je vais inventer un nouveau nom pour mes livres, pour remplacer « roman »/…/ Mais quoi ? » Elégie peut-être, car sa forme romanesque emprunte à la poésie, aussi bien qu’à l’essai et au théâtre. Le lecteur tentera d’y apporter sa propre réponse, au long des ouvrages publiés du vivant de Virginia Woolf, au gré du large choix de nouvelles posthumes. « Le récit peut-être vacillera ; l’intrigue peut-être s’écroulera ; les personnages peut-être s’effondreront. Il sera peut-être nécessaire d’élargir l’idée que nous nous faisons du roman ». Voilà qui préfigure les appellations incontrôlées de la fin du XXe siècle. Il n’empêche, « Orlando », proposé comme a Biography , préfigure l’autofiction. Livre ambigu, où la provocation s’est faite homme pour mieux encore être femme, il est écrit en pleine relation sentimentale avec Vita Sackville-West. Max-Pol Fouchet estimera que les protagonistes des romans woolfiens sont « impressifs », ajoutant « ou plutôt, s’ils sont expressifs, c’est de ce qui ne s’exprime pas ».
Sombrant dans une solitude qui dilate les effets de la dépression et après plusieurs tentations de renoncement à la vie, Virginia Woolf ne pourra plus contenir les assauts de la peur, de la souffrance, de la folie. Elle rendra les armes, un jour de mars 1941.
Cette édition prend la mesure de ce qui a sombré avec une femme dont le rayonnement intellectuel fut associé au groupe de Bloomsburry.
En parallèle, Rivages propose un choix de textes courts autour de la question du snobisme. « Il y a là un symptôme que j’identifie dans mon propre cas /…/ Et ma question suivante est alors : quand et comment ai-je attrapé cette maladie ? ».

« Œuvres romanesques », Virginia Woolf, deux tomes sous coffret illustré, La Pléiade Gallimard, prix de lancement : 60 euros/volume
« Suis-je snob ? », Virginia Woolf, Rivages Poche n° 734 7, 50 euros

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