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Angoulême 2012 : Sex in the comics, la bd érotique dans tous ses états

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Par Julie Cadilhacbscnews.fr/ L’érotisme, un sujet qui a des résonances multiples dans le monde de la bd. Récupéré par des crayons « underground » comme celui du « monstre à deux têtes » de Robert Crumb et de son épouse Aline  Kominsky…. macabre, mélange pervers d’horreur et de beauté, comme celui de Suehiro Mauro qui justifie ses dessins par cette phrase  » trop de beauté est écoeurant »….humoristique comme celui de ZEP ou encore d’inspiration plus classique comme Milo Manara, il a de multiples visages et un énorme succès.

L’érotisme est un genre où le sexe paraît moins choquant que la photographie ou le cinéma et il semble moins culpabiliser les lecteurs qui peuvent toujours prétexter qu’ils lisent de tels livres « aussi » pour leur aspect esthétique. Au Japon, par exemple, on vend 250 000 mangas érotiques par jour! Comment expliquer un tel succès? Joëlle Oosterlinck propose un voyage aussi sexy que documenté dans l’univers de la bd érotique. Ponctué d’interventions d’un historien, Bernard Joubert, et d’auteurs ( Robert Crumb, Howard , ZEP, Rulf Konig, Bastien Vives etc…), on y apprend des choses passionnantes sur l’histoire du genre et par exemple qu’il est né dans les années 30, permettant de divertir dans un contexte géopolitique difficile, qu’il a vécu son âge d’or dans les années 70 malgré de nombreuses heures où on l’a censuré et montré du doigt. Milo Manara, reproduisant inlassablement le même type de « femme déesse », sorte d’Aphrodite dont le corps parfait répond à l’esthétique des statues gréco-romaines, dit que ce qui lui plaît le plus dans l’érotisme, c’est la transgression qu’il représente. Robert Crumb, avec ses femmes aux morphologies très rondes et aux traits imparfaits, évoque les avantages du dessin  » qui n’a pas de limite. C’est du fantasme à l’état pur »; « avec le dessin, on peut faire n’importe quoi…faire l’amour à une femme sans tête par exemple ». Zep préfère montrer une sexualité du quotidien: « j’adore la honte » affirme-t-il, « on n’assure pas toujours » et montrer les ratés du sexe l’amuse beaucoup. D’ailleurs son album Happy Sex a davantage été applaudi par les femmes que les hommes, peut-être ont-elles plus d’humour sur les mésaventures du sexe que les hommes? Rufl König, auteur allemand aux silhouettes d’hommes très poilues, explique lui aussi qu’il aime raconter les aventures du sexe, bonnes ou mauvaises, et l’excitation ou pas qui en découle. L’auteur prend-il du plaisir à dessiner ses histoires érotiques? De moins en moins, affirment-ils tous….Aude Picault précise qu’au départ, oui, c’était excitant mais la contrainte de l’exercice régulier ôte beaucoup du charme à la situation. Zep, coquin, souligne que ce qu’il trouve excitant dans la bd érotique, c’est l’idée qu’à un moment donné, « une main a dessiné ça… »Le lecteur ne doit pas être qu’un simple voyeur » précise Tim Pilcher, il doit participer. Le fantasme est de toutes façons très subjectif. Autant de traits, autant de raisons d’être séduit ou pas par les récits mutins qui nous sont contés. Aujourd’hui et avant, la bande dessinée érotique n’a pas qu’un rôle divertissant; elle est le reflet d’une société et elle s’exprime, plus ou moins explicitement, sur des débats politiques: elle a contribué notamment à parler du sida, de l’homophobie, du racisme. Des mouvements féministes, gays, lesbiens, se sont appuyés sur elle et continue de le faire de façon salvatrice….Un documentaire à voir assurément!  Encore en projection au Théâtre-Odéon à Angoulême dimanche 29/01 à 15h30 et ce soir à 22h30 sur ARTE.

Rediffusions sur ARTE:

– Samedi 4/02/12 à 03h10

– Jeudi 9/02/12 à 01h05

– Dimanche 12/02/12 à 04h00

 

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