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Une histoire d’amour extraordinaire face à la médiocre réalité du monde

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Par Nicolas Bodou – bscnews.fr / Londres 1952, dans un appartement délabré, une femme rongée par l’alcool se souvient. Elle, Molly Algood, elle était jeune, belle, irrévérencieuse et actrice. Lui, John Millington Synge, l’un des plus célèbres dramaturges irlandais, plus âgé qu’elle, de confession opposée et d’un milieu social différent.
Elle était sa muse, « son enchanteresse ».

Ils se sont aimés, c’était en 1907, leur amour était impensable, les conventions l’interdisaient, mais leur passion semblait s’en moquer.
Avec Muse, Joseph O’connor raconte l’histoire bouleversante de Molly et John, de leur histoire d’amour impossible en jouant avec la réalité. En effet, si ces deux personnages ont bel et bien existé, leur histoire ne sert que de base à l’œuvre touchante et merveilleusement bien écrite, comptée par John O’Connor.
Certaines scènes n’existent pas, ou peut-être l’avaient-ils rêvé. O’Connor crée un théâtre de supposition, mais également une œuvre romanesque forte et forgée par la matière dont les rêves devraient être faits.
Il invente une histoire presque vraie, une histoire vraie de tout leur amour mais sans aucune réalité historique. L’auteur laisse place à l’imagination, pour retravailler la réalité. Il réinvente ce couple et la beauté de certaines situations. Il crée de toute pièce certains passages de leur vie, pour mieux faire rentrer la lumière au cœur de cette histoire qui finalement ne pourrait supporter la seule vérité.
En modelant l’histoire de ces amants maudits, en inventant ce qui aurait du peut-être se passer, O’Connor dévoile ainsi une extraordinaire histoire d’amour, avec ses moments de grâce et son lot d’événements tragiques qui donnent à l’avenir le droit d’être écrasé sous la triste et médiocre réalité du monde.

Muse
De : Joseph O’Connor.
Traduit de l’anglais (Irlande) par Carine Chichereau.
278 p, Editions : Phébus, 19 euros.

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