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Julio Cortazar : la bonne façon de lire Marelle

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Par Guillaume Lagrée – bscnews.fr / Cette chronique est dédiée à Mademoiselle L. qui m’offrit ce livre avec « L’autobiographie du Jazz  » par Jacques Réda. Je ne peux raconter un livre qui est voué au plaisir de raconter, de déparler comme on dit chez moi. En fait, comme chez Céline, à qui ce livre fait souvent allusion, il ne se passe rien dans Marelle de Julio Cortazar. Tout, même la mort d’un bébé, devient un jeu sans importance. Tout glisse sur les personnages. Stratégie de survie sans doute.

Le livre se divise entre deux villes, deux vies, Paris et Buenos Aires, celle où on vit, celle que l’on fuit, l’une devenant l’autre. Voilà un roman sans action mais pas sans improvisation ni préparation, captivant comme un morceau de Jazz dont le rythme de la phrase est imprégné, même en traduction française.
Il existe deux façons de lire ce livre. Le roman se lit d’une traite. Puis vient l’essai qu’il faut lire en chassé croisé avec le roman, l’un venant s’imbriquer dans l’autre, sautant d’un chapitre de l’un à un chapitre de l’autre comme une marelle, justement. J’avoue que, contrairement à Mademoiselle L. , je ne suis pas joueur. J’ai lu le roman d’une traite, sans rien y comprendre. «  Vous n’avez pas à comprendre ma musique, vous avez à la ressentir  » Ornette Coleman. C’est ainsi qu’il faut lire Marelle. Ne pas chercher à comprendre, juste se laisser aller au gré des flots, au fil des mots. Je ne suis pas joueur dis-je. C’est pourquoi j’ai vite laissé tomber le jeu d’allers et venues entre l’essai et le roman. L’auteur lui même me l’a pardonné d’avance puisqu’il nomme cette partie  » chapitres dont on peut se passer « . Rien ne vous empêche d’essayer. A vous de jouer, lectrices curieuses, lecteurs aventureux.

 

Julio Cortazar « Marelle » (« Rayuela »). Collection L’Imaginaire. Gallimard. Paris. 1979. 600p.
 » Marelle  » de Julio Cortazar Traduit de l’espagnol par Laure Guille-Bataillon (partie roman) et Françoise Rosset (partie essai).

 

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