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Minuit à Paris: Quand Woody rime avec magie

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Par Julie CadilhacPUTSCH.MEDIA/ L’ouverture du festival de Cannes, l’épouse d’un président, le matracage médiatique, Marion Cotillard…voilà un film qui donne envie d’être snobé tellement il fleure le strass, les paillettes et les passe-droits cinématographiques…Eh bien, on est forcé de constater que , pour une fois, nos préjugés se révèlent inexacts. Minuit à Paris est une petite parenthèse magique: c’est drôle, poétique et romantique à souhait! Reprenant un de ses thèmes de prédilection, l’Amour, Woody Allen nous offre une délicieuse balade temporelle dans Paris. On est d’abord immédiatement charmé par la finesse des répliques mêlant humour, poésie, histoire de l’art et philosophie avec une aisance admirable. Il est tellement plaisant d’entendre sur le grand écran le texte digne d’un plateau théâtral ! Le casting est parfait: de l’écrivailleur rêveur à la muse des grands artistes des années 20, de la future épouse infidèle aux beaux-parents conservateurs méprisants, du pédant séducteur à l’auteur maudit en pleine guerre, une galerie de portraits attractifs s’installe dans cette comédie romantique dont on ressort léger.

Qui n’est pas atteint par le syndrome de l’âge d’or? Qui ne se dit pas souvent que « c’était mieux avant » et signerait immédiatement pour un aller simple dans un passé où le monde n’irait pas aussi vite et où les gens sauraient encore vivre et rêver? Voilà la question que soulève Paris à Minuit au travers de son personnage principal, Gil, incarné par un Owen Wilson brillant, scénariste en reconversion et dont les points communs avec sa futur épouse , Inez, se comptent sur les doigts de la main. Vivement désireux de satisfaire aux exigences de ses beaux-parents, cette parenthèse panamienne va le convaincre que la vie de bohème lui convient décidément mieux que le clinquant de Malibu. Si Inez est une femme séduisante , ses charmes s’effacent progressivement devant le pouvoir ennivrant des rues de Paris, la nuit ou sous la pluie, où, chaque soir à minuit, Gil va vivre une aventure exaltante. Gil y croisera des dandys, des jeunes garçonnes émancipées étourdies dans des soirées folles dont notamment Adriana ( une Marion Cotillard aussi gracieuse que touchante), une Muse qui rêve de vivre à la Belle Epoque.

Oui, Woody Allen nous rappelle combien il est grisant de vagabonder au gré de son humeur, de se perdre dans des rues inconnues…passerelle exquise vers des dérives exquises de l’imagination…lâcher-prise et sollicitation du hasard qui mènent parfois jusqu’à un visage angélique, celui d’une Gabrielle au sourire désarmant ( Léa Seydoux). Mais n’en disons pas trop de peur de gâcher l’effet de surprise des belles rencontres qui éclairent ce conte moderne. Assurément, n’en parlons pas trop car trop de compliments créent la déception et il est inconcevable de faire perdre à quiconque le plaisir de ce film ravissant. Paris Minuit , c’est un concentré d’optimisme, un message de sagesse sur notre monde contemporain, une invitation à flâner, à aimer, à lire et à croire en la magie des lieux et des circonstances. Merci Woody!

Titre: Minuit à Paris Réalisateur: Woody Allen avec Owen Wilson, Rachel McAdams, Michael Sheen, Léa Seydoux, Marion Cotillard, Carla Bruni Long métrage américain Sortie cinéma: 11 mai 2011 Durée: 1h34 Année de production: 2011

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