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Romain Tarrusson : «L’objectif de ‘What A Trip !’ n’est pas d’idéaliser le voyage d’aventure mais une façon saine pour comprendre le monde»

Voilà trois ans que le « What A Trip ! Heyme Festival » a posé ses valises à Montpellier en prônant des valeurs d’ouverture et de découverte. Romain Tarrusson, président et fondateur de l’événement, nous parle de la troisième édition qui se tiendra du 26 au 29 septembre 2019.

propos recueillis par

En quelques mots, What A Trip, c’est quoi ?

Le What A Trip ! Heyme Festival c’est le festival du film de voyage et d’aventure qui se déroule du 26 au 29 septembre en plein cœur de Montpellier.
C’est le festival de la culture voyage et des cultures du monde, une invitation à la découverte des autres et surtout, à l’ouverture d’esprit. Organisé par une équipe entièrement bénévole, il propose une compétition officielle de films-documentaires (avec un jury présidé cette année par Sophie Jovillard, présentatrice de l’émission Echappées Belles), autour de laquelle gravitent tous les éléments de la culture voyage : expositions photos (sept au total dans Montpellier), des cycles de conférences et ateliers gratuits, des concerts sur un village installé sur l’esplanade Charles de Gaulle. C’est en fait une grande fête de la découverte : de nouvelles cultures, de nouveaux horizons…

Voilà trois ans que le festival a atterri à Montpellier avec une très belle deuxième édition l’an dernier (40 000 visiteurs). Quel est votre état d’esprit à l’orée de cette troisième aventure ?

Honnêtement… stressé. On est toujours stressé à l’approche de la date fatidique. C’est un peu notre bébé cette manifestation, un bébé porté par douze organisateurs bénévoles et soutenu par une équipe de 150 volontaires ; donc forcément ému par l’accueil qui va être réservé à la programmation, mais aussi et surtout très excité par l’idée de revoir cet événement lors duquel on rencontre des personnes incroyables qui nous donnent de vraies leçons de vie.
En revanche, on ne se met pas la pression sur l’affluence, on est une manifestation très jeune encore, qui a trouvé son public, mais il faut savoir garder la tête sur les épaules car on n’a pas le choix : on a d’autres activités à côté et on ne peut pas grossir aussi rapidement.

Trailer du festival 2019 :

Le festival a élaboré une charte éthique et s’engage dans une démarche en faveur de la protection environnementale. Quelles sont les actions mises en place en faveur de l’écologie cette année ? Cet aspect-là dans l’événementiel est-il incontournable aujourd’hui pour vous ?

Alors, à la base, cette charte éthique reprend des éléments liés à la préservation de l’environnement mais pas que. Elle a pour objectif de faire que toutes les actions qui sont entreprises dans le cadre de l’association le soient dans la droite lignée de nos valeurs. Au sein du conseil d’administration nous sommes tous très sensibles au sujet de la préservation de l’environnement, il était donc normal que l’on s’y attèle rapidement. On voulait le faire dès le début mais c’était trop tôt, on était trop jeunes. Maintenant que l’on a deux éditions derrière nous, on sait ce que l’on veut et peut faire, on le fait petit à petit, selon nos moyens.
Cela se traduit par des actions concrètes : limiter nos impressions, imprimer sur papier recyclé avec des encres naturelles, faire le choix des consignes et du tri des déchets sur le village, sensibiliser nos bénévoles, nos prestataires et les visiteurs sur l’importance que peuvent avoir nos actions… Mais nous souhaitions surtout mettre en avant les associations locales qui oeuvrent au quotidien pour préserver la planète. Sensibiliser : tout part de là. C’est pour cela qu’on a créé cette année la « Blue Zone » sur laquelle nous avons invité une dizaine d’associations comme Cap Océan, Océan protection France, Cybelles Méditerranée
A terme on a d’autres projets comme développer et systématiser les consignes de tri sur le village ou supprimer l’utilisation du plastique.

 

« Le festival a pour vocation de mettre en avant les manières alternatives de voyager : à pieds, en vélo, en canoë, en stop, en parapente… »

 

Ces actions ne sont-elles pas contradictoires avec le fait que pour voyager, il faut souvent prendre l’avion ?

L’avion est un des moyens de transport les plus polluants du monde effectivement, c’est pour cela que le festival a pour vocation de mettre en avant les manières alternatives de voyager : à pieds, en vélo, en canoë, en stop, en parapente… Il y en a beaucoup et c’est ce que l’on veut montrer au public.
De notre côté, nous avons fait le choix de compenser en adhérant au « 1% for the planet » : on reverse donc 1% de nos recettes de billetterie à des associations qui œuvrent pour la préservation de l’environnement.

Vous accordez aussi une grande importance à la photo avec des expositions dans plusieurs salles du centre-ville… C’est essentiel pour vous de valoriser la photographie en parallèle des projections ?

Tout à fait, What A Trip ! c’est en quelque sorte un voyage immobile qui passe par des témoignages vidéo, mais la photo permet de transmettre d’autres messages et d’une façon différente. Par ailleurs nous avons beaucoup de talents ici à Montpellier et plus largement en Occitanie, il était pour nous important de les mettre en avant.

 

What a Trip (© Yolan Lemaire)

 

Depuis le départ, vous accordez également beaucoup d’attention à l’éducation avec des opérations menées à destination du jeune public. Quels messages voulez-vous faire passer auprès des jeunes via ces actions pédagogiques ?

Partez ! Soyez curieux ! Faites-vous votre propre opinion ! Ce sont en gros les messages que l’on souhaite faire passer aux jeunes générations afin qu’ils aient un maximum de clés pour mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent et surtout quels sont les enjeux liés à sa préservation.
Cette année on a la chance, en même temps et de façon très concrète, de pouvoir leur faire passer ce message en parallèle d’un discours « environnemental » via la projection du film « Le Grand Saphir » qui a reçu le prix Ushuaia TV l’an dernier sur le festival. Il s’agit d’un tour du monde d’initiatives de gens comme vous et moi, qui œuvrent pour dépolluer la planète. C’est un film très inspirant qui avait été testé sur une classe de primaire et les effets ne se sont pas fait attendre : les parents ont contacté le maître d’école pour leur demander ce qu’il s’était passé car les enfants étaient devenus des pros du tri à la maison et incitaient leurs parents à trier leurs déchets ! Ce test nous a donc conduit à le proposer lors des séances pédagogiques.

 

« Le film d’aventure est un prisme à travers lequel on découvre d’autres cultures mais aussi les problématiques que ces cultures et peuples peuvent rencontrer »

 

Il y une belle programmation cette année, on pense notamment au film « Ascending Afghanistan » qui sera projeté pour la première fois en France… Le film d’aventure a aussi cette vocation plus politique selon vous ?

Oui, le film d’aventure est un prisme à travers lequel on découvre d’autres cultures mais aussi les problématiques que ces cultures et peuples peuvent rencontrer. L’objectif n’est pas d’idéaliser le voyage d’aventure mais de montrer qu’il s’agit d’une façon saine de mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons. Cela passe aussi par ces actes « politiques » destinés à dénoncer des situations dont bon nombre de personnes ignorent l’existence. Mais on n’est pas là non plus pour saper le moral des gens, au contraire, il y a de très beaux messages d’espoirs et de belles leçons à tirer de films tels qu’ « Ascending Afghanistan ».

Le village du voyage s’agrandit un peu plus cette année : quelles sont les nouveaux espaces que le public pourra investir sur l’Esplanade Charles de Gaulle ?

Tout à fait ! On investit quasiment toute l’esplanade ! Pour cette troisième édition, la scène sera couverte et déplacée, on proposera des siestes sonores au public en partenariat avec la radio locale Radio Clapas ! La « Blue Zone » que j’évoquais sera installée en plein cœur du village et nous avons rajouté une tente pour accueillir davantage d’ateliers gratuits qui ont très bien marchés l’an dernier.

Le festival change de nom cette année avec l’ajout de « Heyme » à son titre. Ce type de partenariat privé est-il selon vous essentiel voire incontournable pour faire vivre et maintenir à flot un festival ?

Effectivement, étant donné que l’on n’est pas sous perfusion d’argent public comme d’autres festivals (c’est un choix lié à notre charte éthique), il nous faut bien trouver de quoi améliorer notre programmation chaque année, mais aussi commencer à rémunérer des intervenants ou proposer de nouveaux services à notre public. Donc oui effectivement, passer par des partenaires privés est pour nous incontournable à partir du moment où ces partenaires partagent les mêmes valeurs que nous et entrent dans le cadre de notre charte éthique.

 


« What A Trip ! Heyme Festival »
Festival international du film de voyage et d’aventure
Montpellier (34)
Du 26 au 29 septembre 2019

Programme complet et réservations :
https://watmontpellier.fr/

 

 

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