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Matteo Salvini demande aux Italiens les « pleins pouvoirs » et déclenche une crise de gouvernement

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Par Matteo Ghilsalberti – Une crise de gouvernement s’est officiellement ouverte avant-hier en Italie. L’actuel vice-président du conseil des ministres Matteo Salvini, qui est également ministre de l’intérieur a déclaré à Pescara : « Je demande aux Italiens s’ils veulent m’accorder les pleins pouvoirs, dans le but de faire les choses comme elles doivent être faites« .

Quelques heures avant ce discours, Matteo Salvini – qui est aussi le chef de la Ligue – avait déclaré : « C’est inutile continuer [à travailler] avec des « non » et les querelles, comme ces dernières semaines. […] Nous ne voulons pas de fauteuils ni de ministres supplémentaires, nous ne voulons pas de remaniements ni de gouvernements techniques« .

Les « non » auxquels faisait référence Matteo Salvini représentent les portes fermées par l’autre parti de gouvernement, le Mouvement 5 étoiles, à des projets de loi, proposés par la Ligue.
Parmi les plus récents, le durcissement des règles d’accueil des migrants et la réalisation d’une ligne TGV entre Lyon et Turin. Ces derniers jours, le parlement de Rome a approuvé ces projets de lois. Cela a mis en évidence la fracture entre les deux forces qui composent l’actuel gouvernement de Rome. Dans le vote de ces deux projets de loi, une partie plus ou moins importante du Mouvement 5 Étoiles a exprimé son mécontentement.
Matteo Salvini, ainsi que les partis d’opposition, ont pris acte que dans le parlement italien, il n’y avait plus une majorité.

Dans une démocratie parlementaire, comme celle de l’Italie, l’absence d’une majorité de parlementaires soutenant un gouvernement signifie deux choses : soit une majorité est capable de se créer et soutenir un nouveau pouvoir exécutif, soit il y a dissolution du parlement qui convoque de nouvelles élections législatives.

En ce sens, Matteo Salvini a été très clair. « Après ce gouvernement, qui a fait tant de bonnes choses, il n’y a que la tenue des élections qui soit possible ».
Les vacances, a précisé le ministre italien de l’intérieur « ne peuvent pas être une excuse pour perdre du temps. Les parlementaires (à moins qu’ils ne souhaitent sauver leur siège à tout prix) peuvent retourner au travail la semaine prochaine, comme le font des millions d’Italiens« .

Mais, dans un discours tenu avant hier dans la soirée, devant la presse convoquée au siège du gouvernement, Giuseppe Conte a dit « qu’il ne revient pas au Ministre de l’intérieur de convoquer les chambres [du parlement] .Ce gouvernement a toujours peu parlé et beaucoup travaillé« .

Dans ce contexte le leader du Mouvement 5 Étoiles, Luigi di Maio apparaît très affaibli. Selon lui, Matteo Salvini « considère d’abord les sondages et puis les intérêts du Pays ». Mais ses choix sont très critiquées par la base du parti. D’ailleurs, à cause de la limite des deux mandats consécutifs prévus par le statuts du mouvement, Luigi Di Maio risque de ne pas pouvoir participer aux prochaines législatives.

Hier matin, la Ligue a présenté au sénat italien, une motion de défiance contre le gouvernement. L’actualité politique italienne continue d’évoluer très rapidement. Cela pourrait avoir des conséquences aussi au niveau de l’Union Européenne. D’ailleurs, l’élection d’Ursula von der Leien, grâce notamment aux votes des députés européens du Mouvement 5 Étoiles, a alimenté la colère de la Ligue et, peut-être, accéléré l’ouverture de la crise de gouvernement.

Photo by MA FAB on Unsplash
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