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« Le Schmock » : l’Incorrigible Franz-Olivier Giesbert

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Incorrigible, ce Franz-Olivier Giesbert. Aucun sujet n’est sérieux, si le sarcasme ne lui fait pas cortège. Petit garçon d’Andersen, miroir des puissants, il impose sa musique sur laquelle le sujet doit danser. Non pas en appliquant le « simule et dissimule » cher à Mazarin, mais en fou du roi mâtiné de Stéphane Guillon, agitant un hochet en forme de sceptre ou arborant sur son torse le point d’ironie cher à Agnès B.

Son portrait du docteur Schmock est une descente retorse des rapides dans lesquels Hitler a entraîné l’Allemagne. L’explication du phénomène est simple: l’aquarelliste autrichien, artiste contrarié, par ailleurs Wagner de la flatulence, est arrivé au bon moment.« Les grands destins historiques sont le fruit du hasard, de la nécessité, des circonstances. Quant à la politique elle obéit, quoi que l’on dise, aux lois du marché : il n’y a pas d’offre qui tienne s’il n’y a pas de demande ».

A qui reprocher de n’avoir rien vu venir ou d’avoir affiché une complicité passive ? Il aurait fallu un Michel Audiard en culotte de peau « D’abord, j’ai pensé qu’il était trop bête pour arriver au pouvoir. Ensuite, que son programme était trop bête pour qu’il cherche à l’appliquer. On ne se méfie jamais assez des imbéciles. On ne les voit pas venir. Ils ne ressemblent à rien. C’est ce qui les distingue. ». L’Histoire hache menu les rêveurs, les optimistes et ceux qui s’inquiètent peu de leur temps. Mais à l’amour malheur est bon ; F-OG signe un roman pris dans les tenailles de femmes étonnantes. Wozu Liebesqualen in schrecklicher Zeit ?

 

 


« Le Schmock »
de Franz-Olivier Giesbert
Gallimard, 402 pages. 21,50 euros

 



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