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(Vidéo) Vincent Lambert : la fin de vie et le droit à la vie

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La vie de Vincent Lambert pourrait commencer à s’arrêter ce 20 mai 2019. Le docteur Vincent Sanchez, directeur du CHU de Reims, a communiqué ce matin par email à ses parents, qu’il allait déclencher la procédure d’arret de l’alimentation e de l’hydratation de cet homme de 42 ans. En 2008 il a été victime d’un accident routier qui l’a rendu infirme et fortement dépendant. Dans une vidéo, réalisé le 19 mai 2019, on voit Vincent Lambert pleurer. Le président de la République a pris position sur Facebook.

(Retrouvez les mises à jour à la fin de cet article) Le 10 mai 2019, le directeur du CHU de Reims avait annoncé qu’ « au cours de la semaine du 20 mai » il aurait procédé à l’arrêt de la nutrition et de l’hydratation artificielles ainsi que la sédation profonde et continue de leur fils.

Cet annonce a relancé le débat entre les partisans et les opposants du maintien en vie de Vincent Lambert. Qu’est-ce qui est plus important ? Les droits de l’individu ? Ou les décisions des médecins et de la justice ?
À ces questions, on pourrait avoir un nombre de réponses équivalent aux nombre des gens interrogés. Ce qu’on peut constater, c’est que la bataille des parents de Vincent Lambert a fait évoluer le regard sur la fin de vie. Même le traitement du dossier Lambert, de la part des médias, a évolué. Si on continue à trouver dans les articles des rappels aux convictions religieuses des parents du malade, on peut également trouver des définitions plus neutres de l’état de santé de Vincent Lambert, de plus en plus défini comme « cérébrolésé ».

Avant l’annonce du CHU de Reims, on avait assisté à plusieurs rebondissements. Le 24 avril, Le Conseil d’Etat a confirmé le jugement du Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne conduisant à la fin des soins de Vincent Lambert. Six jours après, le 30 avril, la Cour Européenne des Droits de l’Homme a rejeté la requête des parents du patient. Le 3 mai, le Comité International des Nations Unies qui s’occupe des droits des personnes handicapées (CIDPH) a demandé à la France de suspendre provisoirement l’arrêt des soins sur Vincent Lambert. La réponse de la Ministre de la santé Agnès Buzyn a été claire : « Nous ne sommes pas tenus par ce comité légalement – a affirmé la ministre sur BFM TV – mais bien entendu nous prenons en compte ce que dit l’ONU ». Les parents du patient tétraplégique, ont aussi saisi le Défenseur des droits qui a répondu que « la demande de mesures provisoires du Comité des Nations Unies entre en contradiction avec les décisions de justice nationales et européennes », ajoutant qu’« il ne lui appartient pas de résoudre cet éventuel conflit de normes ».

Le 18 mai, les avocats des parents ont imploré Emmanuel Macron de faire « respecter les mesures provisoires réclamées » par le comité de CIDPH. A la même date est intervenu aussi le comité de bioéthique de la Conférence des Évêques de France (CEF) qui, dans un communiqué s’est demandé : « Pourquoi cette précipitation pour le conduire vers la mort ? » Le 19 mai, dans une interview accordée à RTL, le président de l’association du droit à mourir dans la dignité, Jean-Luc Roméro, s’est exprimé sur le cas de Vincent Lambert en affirmant que : « si on avait une loi bien faite, nous n’en serions pas là ».

Les avocats des parents de l’homme tétraplégique ont annoncé aujourd’hui de nouveaux recours. Dans un communiqué, les avocats des parents de Vincent Lambert ont expliqué que ces derniers « saisissent également les autorités et tribunaux compétents d’une plainte disciplinaire aux fins de radiation du docteur Sanchez ainsi que de poursuites pénales à son encontre ». La situation est destinée à évoluer ultérieurement.

 

Mise à jour du 20 mai 2019 à 9h30

Selon le site de Franceinfo, l’arrêt des soins prodigués à Vincent Lambert a débuté. Des sources concordantes qui ont confirmé cette information à France 3.

Mise à jour du 20 mai 2019 à 12h00

L’hebdomadaire, Valeurs Actuels a publié sur son site une vidéo, réalisée ce hier soir par Viviane Lambert, mère de Vincent. Dans une séquence très émouvante, on voit l’ancien infirmier psychiatrique pleurer tandis que sa mère essaie de le consoler.

Mise à jour du 20 mai à 17h45

Le président de la République, Emmanuel Macron, est intervenu sur sa page Facebook sur le cas de Vincent Lambert.  Dans son post, le Chef de l’Etat écrit : « il ne m’appartient pas de suspendre une décision qui relève de l’appréciation de ses médecins et qui est en conformité avec nos lois. Mais il m’appartient d’entendre l’émotion suscitée, et de vous répondre ».
retrouvez l’intégralité du texte ci-dessous.

Mise à jour du 21 mai à 08h00

Hier soir, lundi 20 mai 2019, la Cour d’appel de Paris a accueilli le recours des parents de Vincent Lambert et elle a ordonné le rétablissement immédiat de l’alimentation e de l’hydratation du tétraplégique hospitalisé au CHU de Reims. Dans l’arrêt de la Cour, que Putsch a pu consulter, on peut lire que cette juridiction a « ordonné à l’État français (…) de prendre toutes mesures aux fins de faire respecter les mesures provisoires demandées par le Comité international des droits des personnes handicapées (CIDPH) le 3 mai 2019 tendant au maintien de l’alimentation et l’hydratation » de Vincent Lambert. Les juges parisiens ont donc estimé que l’État français a “reconnu”, en ratifiant le “protocole facultatif”, que le CIDPH “a compétence pour recevoir et examiner les communications présentées par des particuliers ou groupes de particuliers” qui considèrent d’ « être victimes d’une violation par cet État Partie des dispositions de la Convention”. Cela signifie que si le gouvernement français, ne donne pas le temps au Comité de l’ONU de se pencher sur le dossier de Vincent Lambert, il pose la France en position de ne pas respecter les obligations internationales qu’elle-même a pris. De plus, si la France refuse au CIDPH d’approfondir sa connaissance du dossier de Vincent Lambert, pour la Cour d’appel, cela équivaut à une « atteinte à l’exercice d’un droit dont la privation a des conséquences irréversibles en ce qu’elle a trait au droit à la vie”. Une attente qui ne respecte pas l’article 2 de la Convention européenne des droits de l’Homme prévoyant  “le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi”.

Mise à jour du 21 mai à 18h00

L’avocat du neveu de Vincent Lambert déclare (à BFM TV) que la suspensions de l’arrêt des traitements sur le tétraplégique, hospitalisé au CHU de Reims, est « invraisemblable et aberrante ». A travers son avocat, Rachel Lambert, la femme (et tutrice légale) de Vincent a annoncé une plainte contre la diffusion de la vidéo publié par Valeurs Actuelles.

 

 

 


Pour aller plus loin :
Association Je soutiens Vincent Lambert
Association Pour le Droit à Mourir dans la Dignité

 


(crédit photo à la une : Martha Dominguez de Gouveia sur Unsplash)

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