Crise des médias: le Québec n’est pas épargné

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À l’initiative de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec et de la Fédération nationale des communications, une rencontre a eu lieu au centre d’un grand centre commercial de Montréal pour sensibiliser le public à la liberté de la presse mais également à son avenir de plus en plus sombre.

Ainsi, le mai 3 mai dernier à l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse, plusieurs journalistes ont participé à une table ronde pour débattre de 5 grands thèmes : la liberté de la presse dans le monde, les femmes et le journalisme, les entraves à la liberté de la presse au Canada, les Fake News, et la crise économique qui frappe les médias.

On apprend notamment selon la Fédération professionnelle des journalistes du Québec et de la Fédération nationale des communications « qu’au Québec, près de 50% des emplois liés à la presse écrite ont disparu – de nombreux médias ferment, comme en avril dernier avec la disparition de l’hebdomadaire La Gatineau, après plus de 60 ans d’existence. ». Toujours selon la Fédération professionnelle des journalistes du Québec et de la Fédération nationale des communications, « Cette situation de crise est amplifiée par l’inaction des différents gouvernements à commencer par le gouvernement fédéral. C’est en comparant le soutien public à la presse d’ici, soit 3,62$/année/habitant avec celui de la Finlande ( 92$/année/habitant) ou celui de la France ( 30$/année/habitant) que l’on constate que le Canada fait piètre figure. »

A cette occasion, Putsch a rencontré Pascale Saint-Onge, la présidente de la Fédération nationale des communications du Québec pour qu’elle nous éclaire sur les motifs de l’organisation de cet événement et plus largement sur l’état de la presse au Québec

Pourquoi organiser un événement comme celui-ci ?
Cette rencontre organisée dans un grand centre commercial de Montréal est faite pour rapprocher le grand public et les journalistes car au Québec il y a beaucoup de mythes sur les salles de rédaction et sur le travail de journaliste »

Quel est votre avis sur les Fake News, Pascale Saint-Onge ?
Le rôle des journalistes est de rapporter la vérité le plus près possible de la réalité. Le travail est déjà difficile et l’on doit faire attention également aux fausses informations. Il y a aujourd’hui une espèce de chaos qui s’installe et des problèmes de compréhension auprès du grand public. Nous sommes donc ici pour expliquer cela au plus grand nombre.

Quel est le rapport des lecteurs à la presse aujourd’hui au Québec? Sont-ils encore nombreux à payer pour de l’information ?
Au Québec, il y a différentes approches de la part des médias comme par exemple la Presse + qui n’est disponible qu’en version numérique et totalement gratuit pour le public. Les lecteurs sont encore au rendez-vous au Québec. Néanmoins, les revenus sur les abonnement sont encore trop maigres car le Québec est un petit marché. La publicité reste très importante au Québec.

 

Quel regard portez-vous sur la liberté de la presse au Québec et au Canada ?
Assurément, il y a une liberté de presse au Québec et au Canada. Cependant, la situation économique est compliquée avec la question de la publicité. Et cela a des impacts inévitables sur le nombre de journalistes en poste donc la capacité de couvrir réellement la totalité de l’information pertinente pour le public. Quand un média a très peu de moyens, il ne peut pas faire face à des poursuites et ne peut donc pas publier l’information vraiment pertinente. Plus les médias sont en difficulté plus la liberté de la presse est menacée. Et c’’est préoccupant.

Les journalistes subissent-ils des pressions au Québec pour les dissuader de publier certains sujets ?
Nous n’avons pas été alerté de cas de censure. Mais peut-être qu’il y a des formes d’auto-censure de la part de journalistes pour toute une série de raisons.

 

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