Festival Jazz Saint-Germain-des-Près : « Le quartier des clubs mythiques attendait que son festival puisse faire revivre cette musique »

Saint-Germain-des-Près, le quartier parisien célèbre et chargé d’histoire autant que de romantisme accueillera pour une 18ème édition son festival de Jazz. Cette année encore, la programmation est de haut vol et propose une série de concerts uniques avec cette singularité : le jazz joué et magnifié dans des lieux exceptionnels triés sur le volet par les grands ordonnateurs du Festival Jazz à Saint-Germain-des-Près que sont Donatienne Hantin et Frédéric Charbaut. État des lieux du Jazz à Saint-Germain.

propos recueillis par

Une 18ème édition du festival, le jazz à Saint Germain des Près a l’air d’avoir retrouvé toute sa jeunesse ?
Le quartier des clubs mythiques qui avait vu les plus grands jazzmen français et américains jouer après-guerre attendait que son festival puisse faire revivre cette musique avec un événement international.
 Notre objectif est de montrer la vivacité de cette musique grâce à des formations confirmées et des jeunes artistes, exemple le TJT, la scène Jeune et Jazz, les After jazz.
Mais il y a aussi cette volonté de donner envie à d’autres acteurs du quartier de faire du jazz toute l’année, comme les Deux Magots ou Le Lutetia par exemple.

Encore une belle programmation pour cette nouvelle édition. Quel fil rouge suit-elle ? Une alternance de jeunesse et de valeurs sûres ?
Il n’y a pas à proprement parler de fil rouge, car ce festival est à nul autre pareil : il propose des concerts uniques dans des lieux exceptionnels de la Rive Gauche, tels le Théâtre de l’Odéon, la Maison des Océans, le Grand Amphithéâtre de La Sorbonne et celui de Panthéon Assas cette année où l’on pourra entendre, Roberto Fonseca, Émile Parisien, Michel Portal, Lars Danielson, Mélanie de Biasio, Laurent de Wilde et Vincent Peirani… Pour les artistes et le public, l’expérience est unique.
Il y aura également des portes ouvertes sur les découvertes avec de nouveaux talents femmes comme Julie Erikssen et Camille Bertault mais également une programmation pour les enfants, les ados ainsi que les détenus.

Le concert de la chanteuse Indra- Rios-Moore promet d’être l’un des moments forts du festival qui se tiendra au Lutetia. Pourquoi ce choix du grand hôtel Le Lutetia ?
C’est l’une des adresses emblématiques du quartier qui fait partie de ces « lieux exceptionnels » que nous évoquions. De 2009 à 2013 de nombreux groupes y ont été programmés dans un esprit de découverte ( Portico Quartet, Shai Maestro, Kellylee Evans, …). Après 4 ans de travaux, l’hôtel ré-ouvre et la programmation reprend avec la chanteuse new-yorkaise Indra Rios Moore, une des révélations vocales de ces dernières années.

 

Plus largement, on sait que votre festival a la particularité de pousser les portes de lieux atypiques. Comment avez-vous fait vos choix cette année?
Il s’agit d’une alliance complexe et inspirée entre les artistes invités et la musique qu’ils jouent, la personnalité historique et architecturale, voire intellectuelle, des lieux ainsi que leur acoustique bien entendu et l’expérience que le Festival souhaite offrir aux spectateurs. Nous pensons en particulier au Grand Amphithéâtre de La Sorbonne cette année, une salle magique et magistrale, qui se prête à la musique symphonique. Elle est devenue l’écrin idéal à la célébration des 120 ans de George Gershwin, dynamisée par la rencontre entre le trio du pianiste Thomas Enhco et l’ensemble Apassionato du Chef Mathieu Herzog.

Si vous deviez nous raconter des anedoctes des coulisses du Festival parmi les plus croustillantes du Festival Jazz à Saint-Germain-des-Prés ? 
Organiser des concerts de spectacle « live » autrement dit « vivant » vous fait expérimenter des tas de situations incroyables, car souvent elles concentrent beaucoup de choses en peu de temps. Nous nous rappelons avec une décharge d’adrénaline de l’appel de l’agent du pianiste Monty Alexander nous annonçant l’annulation de son concert programmé 4 jours plus tard pour des raisons de santé. Il était effondré. Nous aussi car la salle était comble et nous étions la veille d’un de ces fameux longs week-end de mai. En moins de 24 heures, il a fallu réagir. La soirée fut sauvée grâce à Michel Legrand, qui accepta, au pied levé, de décaler son départ à l’étranger pour jouer, en trio jazz, à la place de son ami Monty Alexander.
Autre histoire merveilleuse, celle de la chanteuse Kellylee Evans qui, en apprenant que son concert était complet, a chanté un titre a capella avant de monter sur scène, pour les spectateurs qui n’avaient pas pu se procurer de billet et attendait à l’entrée de la salle. Magie des lieux exceptionnels à nouveau, ils permettent parfois de croiser des artistes là où on ne les attend pas car les loges peuvent être aussi inattendues.

Festival Jazz à Saint-Germain-des-Près
du 24 mai au 4 juin 2018
Paris
Toute la programmation du festival sur le site officiel
Réservation de billets

 

(Crédit Photo (c)J.Charbaut )

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