« En Attendant Bojangles » : Petite déception pour les lecteurs d’Olivier Bourdeault

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Ecrit par Olivier Bourdeault et publié en 2016, le roman pétillant et tragique, « En attendant Bojangles » raconte l’histoire de l’amour fou unissant Louise et Georges, couple anticonformiste. Fantasque et pétulante, Louise change de prénom chaque jour, flûte sans modération son champagne pour oublier sa précarité, s’invente sans cesse de nouvelles vies, chante sur la musique de Nina Simone, dine à des heures indues et sème autour d’elle, dans le cœur de Georges et de leur fils admiratif, du sublime et de la poésie… Mais peu à peu, la folie s’empare d’elle, la poussant à commettre l’irréparable.

Hymne à la légèreté sur fond mélancolique, réquisitoire contre la pesanteur sur ton léger, cette fable nous avait séduits par son style à la fois léger et grave et un sens de la formule très piquant. Mais qui a aimé le livre sera probablement déçu par l’adaptation théâtrale. On ne retrouve rien de ce qui faisait le charme du roman, à l’exception évidemment des petites perles de langage.

 

En attand Bojangles

Tout semble factice, à commencer par le jeu des acteurs, très inégal. Anne Charrier confond folie et joie forcée. Elle arbore sans interruption un sourire hébété et trop rares sont les moments où son regard s’égare, nous laissant pressentir une faille, une dualité, une profondeur. On ne ressent ni les tiraillements ni les déchirements intérieurs ni la douleur contenue. Trop de mimiques artificielles aussi chez Victor Boulenger, qui sait pourtant, par moments, être émouvant. Quant à Didier Brice, son jeu est plus juste, mais son personnage, très effacé, manque d’épaisseur. Bref, les acteurs pourraient être bons mais ils montrent les émotions au lieu de les jouer.

La narration, prise en charge par le fils, corrobore ce sentiment. On a sans cesse l’impression que les comédiens nous disent : regardez comme nous étions heureux, comme notre vie était géniale, regardez notre folie. A force, nous ne voyons plus rien que des personnages désincarnés.

Si le décor épuré fonctionne bien, on regrette que la mise en scène, très sobre, manque de créativité et, précisément, d’un grain de folie.

En définitive, il manque à la pièce la saveur, le piment, la folie qui séduisaient dans le roman de Bourdeault.

Les jeudis, vendredis et samedis, à 19h
La Pépinière théâtre.
Jusqu’au 5 mai 2018

Pièce mise en scène par Victoire Berger-Perrin
Avec : Anne Charrier, Didier Brice, Victor Boulenger
Durée : 1h20min
Crédit/copyright : Evelyne Desaux

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