STO : quand la grande histoire vient frapper à notre porte

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Par Régis Sully – Le 16 février 1943, le gouvernement de Pierre Laval sous la pression du régime nazi instaurait le service du travail obligatoire (STO). Tous les hommes nés entre le 1er janvier 1920 et le 31 décembre 1922 étaient requis pour aller travailler en Allemagne pour le plus grand profit du troisième Reich.

En 1945, leur retour et leur réinsertion dans la société française traumatisée par la guerre et l’occupation ne furent pas chose simple. Quelle place occupée entre les prisonniers de guerre, les martyrs, les anciens combattants de 14-18 et les hommes et les femmes auréolés pour leur participation à la résistance? Ils furent 640000 à être requis.

Le roman de Daniel Crozes relate les difficultés du retour de l’un d’entre eux, Philippe Bourdoncle, dans sa famille d’un petit village de l’Aveyron après plus deux ans d’absence. Celle-ci est à l’image du pays : le père, ancien combattant de la dernière guerre qui avait résisté à l’invasion allemande et admirateur du maréchal Pétain sans toutefois aller jusqu’à collaborer et le frère, Mathias qui a participé à la résistance et qui s’est acoquiné avec la fiancée de Philippe pendant son absence. Ce dernier s’intègrera-t-il et à quel prix? C’est tout l’objet du roman. Un récit passionnant qui réhabilite ces victimes du STO, élaboré à partir de témoignages qui viennent par le biais de la fiction nous conter la grande histoire à hauteur d’homme. Passionnant. Quand la grande histoire vient frapper à notre porte.

« Lendemains de libération » de Daniel Crozes – Editions du Rouergue

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