Saint-Exupéry : des révélations surprenantes sur sa disparition

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Par Marc Emile Baronheid – L’incertitude planant sur son sort alimente la légende dorée de l’écrivain, en même temps qu’elle continue de faire tourner la planche à billets des éditeurs. La découverte d’une gourmette de saint-ex, puis celle de l’épave de son avion devaient avoir mis un terme, 56 ans plus tard, à toutes les supputations.

Un volume très illustré (photos, fac-similés de documents officiels) et abondamment annoté entend sonner la fin des passes d’armes. Sauf que les auteurs, soucieux peut-être de ne pas verser dans le sensationnalisme, donnent le sentiment de marcher sur des œufs. Ils passent au crible de la réfutation la cascade d’hypothèses émises depuis le 31 juillet 1944, d’une panne d’inhalateur d’oxygène au suicide délibéré, pour en avancer une autre « tout à fait crédible », parce que « rien ne permet de prétendre le contraire ». Le créateur du petit prince aurait été abattu par la chasse nazie, mais pas nécessairement tué, puisque le témoignage d’un soldat en mission de secours en mer pour la luftwaffe ouvre la porte à un sauvetage de l’aviateur français – blessé mais en vie – par l’armée allemande. Si vous possédez des éléments fiables sur le dernier domicile connu du commandant saint-exupéry, écrivez à la rédaction du bsc news magazine qui vous offrira un abonnement à son tabloïd.

Projeté dans le roman de Saint-Exupéry, thierry luthers, petit pince-sans-rire, demanderait à coup sûr « dessine-moi un ballon ». Le micro de cet insaisissable renard des surfaces, grand chroniqueur sportif devant l’éternel, est aussi célèbre que le pied gauche de garrincha. Luthers pourrait se contenter de cette notoriété et mener une existence pépère lachaise, au lieu de quoi il applique ce précepte de roland de roncevaux : « a force de barrir dans ma tour d’ivoire, j’irai rejoindre le cimetière des olifants », pour se déchaîner dans de bouillants concerts adossés à johnny hallyday. Un surdoué soumis à la tentation de rémy bricka, puisqu’il manie aussi la plume. Témoin ce guide des tombes de personnalités belges en province de liège. Le thème serait austère, n’était l’art du contrepied d’un auteur adepte de l’ humour espiègle. Les cimetières liégeois hébergent pêle-mêle – parfois à leur corps défendant – de grands capitaines d’industrie ou de football, des hommes politiques et des fantaisistes, des sportifs d’exception, un chanteur de rue, des femmes fatales, des amantes insatisfaites dont, les nuits de grand vent, on peut entendre le cœur palpiter sous l’humus. Un condensé du monde, un plat pays avec de vagues rochers d’humilité pour arrêter les vagues de gloriole. Nécropole principale, le cimetière de robermont incite à la déambulation touch and go, parmi des allées nimbées d’un romantisme diaphane, cousin de cette mélancolie chère à jean starobinski. Le lieu n’a pas livré tous ses mystères. On ne s’étonnerait pas outre mesure d’y découvrir un jour, dans un avion sans ailes, la dépouille d’antoine de saint-exupéry…

« Saint-Exupéry – Révélations sur sa disparition », François d’Agay e.a., éditions Vtopo. 19,95 euros
« Derniers domiciles connus », Thierry Luthers, Luc Pire éditions (editions@lucpire.eu), 20 euros

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