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François Poitou : Funambule, un album aéré et suspendu

Par Nicolas Vidal – Le contrebassiste François Poitou réédite une version Deluxe de Funambule, son premier album paru en mai dernier. A l’occasion de cette nouvelle sortie, François Poitou nous en dit plus sur ce projet intéressant et qui a déjà récolté son lot d’éloges dans la presse musicale. Lui qui se destinait à une […]

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Par Nicolas Vidal – Le contrebassiste François Poitou réédite une version Deluxe de Funambule, son premier album paru en mai dernier. A l’occasion de cette nouvelle sortie, François Poitou nous en dit plus sur ce projet intéressant et qui a déjà récolté son lot d’éloges dans la presse musicale. Lui qui se destinait à une carrière dans la sphère de la haute finance a finalement opté pour le Jazz. Un parcours et un travail singuliers.

Vous vous prédestiniez à une carrière dans la haute finance. Pourquoi avoir fait le choix du Jazz ?
Cela n’a pas été simple, ça ne s’est pas fait en jour, ou un mois. C’est le résultat d’une lente et inéluctable dérive vers mon coté « artiste » et il faut dire que la crise de 2009 (et tous les problèmes d’éthique que cela a posé) m’y a beaucoup poussé aussi…

Quels furent vos premiers artistes de référence Jazz dans votre jeunesse ?
Il y a eu Herbie Hancock, que j’ai vu en concert à Marciac, je devais avoir 9 ou 10 ans et Jaco Pastorius évidemment…

Que vous a apporté la formation au sein du Centre de Musique de Didier Lockwood ?
Cela m’a apporté de la maturité je pense, dans mon approche de l’instrument et de la composition. Mais globalement l’école de Didier Lockwood m’a fait progresser dans quasiment tous les domaines.

Pourquoi avoir choisi le nom de Funambule pour votre album ?
À la base c’est le titre d’un morceau. L’idée vient de la note de violon qui traverse le thème, la mélodie bouge autour de ce fil, de cette corde qui vibre. Puis le titre a donné son nom à l’album et comme les arrangements et le projet en lui même sont fortement tournés vers les cordes, c’était assez évident.

Vous avez fait le choix de pas prendre de batteur. Pourquoi ?
J’ai voulu que la musique de cet album soit aérée et suspendue. J’aime l’impression d’espace que cela donne parfois et j’ai du gérer cet espace dans les arrangements pour les partie écrites et dans le jeu pour les parties improvisées. Ce qui était un goût pour les grands espaces est devenu un challenge d’arrangeur, d’improvisateur et d’accompagnateur. C’est génial un batteur, ça relance la dynamique, accompagne les changements de partie. Et sans batteur, beaucoup de choses sont un petit peu plus compliquées.

Vous semblez mettre la mélodie au centre de votre projet. Comment se passe le processus de composition ?
En ce qui concerne le point de départ, il n’y a pas vraiment de règle. Cela part d’une « idée » qui peut être des accords de guitare, une ligne de basse, trois pizz de cordes ou un concept. Le coté mélodique viendra dans un deuxième temps. Ce qui est sûr c’est que je ne me satisfais pas d’un morceau où l’on ne peut pas « chanter » quelque chose. Aujourd’hui dans ma démarche en tant que compositeur, c’est primordial.

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