Jacques Yonnet : 700 chroniques pour un éloge du Paris bistrotier

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Par Marc Emile Baronheid – Le Paris bistrotier serait-il entraîné sur la pente fatale de l’engourdissement ? Certains esprits fâcheux prétendent l’avoir lu dans le marc de Bourgogne.

Peut-être manque-t-il, aujourd’hui, un chante aussi enthousiaste et ébouriffant que Jacques Yonnet, injustement résumé à son – certes magnifique – Rue des Maléfices, salué en 1954 comme l’un des plus brillants ouvrages consacrés à Paris. L’autre Yonnet se terre ici, dans le meilleur des 700 chroniques qu’il consacra aux auberges et bistrots de Paris, fil rouge beaojolais, tendu de la Mouffe à la Maube, entre autres déambulations proches aussi de la Bastoche, de la Popinque ou du Moulin de la Galette. Mieux vaut être bien accompagné que seul, pour prendre ce maquis où sont retranchées les pythies des foudres de naguère. Prévert, Giraud, Queneau, Doisneau, René-Louis Lafforgue, Paul Fort, Mac Orlan, Fombeure, « l’adorable Youki Desnos ». Seul manque Antoine Blondin, ne serait-ce que pour son « Apéro : les verres de contact ».
Des souvenirs merveilleusement humains, tendrement solidaires, ponctués d’anecdotes ou d’échappées érudites qu’adorne une écriture ivre de célébrer un pays de cocagne. C’est d’un autre tonneau que bien des confidences bouchonnées ou barbouillées de lie.

« Troquets de Paris », Jacques Yonnet, Éditions L’échappée, collection Lampe-tempête, 368 pages, 22 euros

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