The Town and the City : Jack Kerouac, avant la route

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Par Romain Rougé – Vingt-six ans après sa première parution française, les éditions de La Table Ronde réédite le premier roman de Jack Kerouac datant de 1950. The Town and the City est aussi connu sous le titre Avant la route, prémisse du plus célèbre des romans de l’écrivain « vagabond », symbole de toute une génération. A (re)découvrir.

« Il lisait tous les grands livres et se déplaçait dans le monde enveloppé par la misère de ses dix-neuf ans. » Il, c’est Peter Martin, le Jack Kerouac de The Town and the City. Comme presque toujours dans les romans de l’auteur, tout est semi-autobiographique. Et comme Kerouac, Peter Martin est idéaliste et rêveur, en proie aux doutes existentiels dans un monde qu’il tente de comprendre. « Les graves événements du monde ne revêtaient aucune signification pour lui, ils n’étaient pas suffisamment réels, et il était certain que ses visions magnifiques d’une existence spirituelle et de grande poésie ‘étaient plus vraies que tout’. » Ces « errances songeuses » emportent le lecteur au passage, pour le faire divaguer dans les grands espaces littéraires de Kerouac.

S’inspirant de sa propre enfance en Nouvelle-Angleterre, le précurseur de la Beat Generation conte la vie d’une famille nombreuse originaire de Galloway, « The Town » et de la migration de cette dernière à New York, « The City ». Dans un laps de temps s’étalant du début du siècle à la fin des années 40, les grands événements de l’époque sont relatés avec un détachement spirituel entre liens familiaux, simplicité rurale et folie citadine.

The Town and the City ou Jack Kerouac en route vers la Beat Generation

C’est également dans l’ébullition du New York des années 40 que l’on retrouve les prémisses et les grandes figures du mouvement. Ainsi, le personnage de Dennison est William Burroughs, Leon Levinsky campe Allen Ginsberg et Kenneth Wood joue Lucien Carr… Le vagabondage de Peter est bien entendu lié aux envies de libertés que chérissaient Kerouac.

A travers Peter, mais aussi sa famille qui sont autant de petits Kerouac, on prend la route, dans cette Amérique post grande dépression et en guerre contre le fascisme. Ces événements cataclysmiques défilent alors que fermente cette Beat Generation, personnifiée ici par le jeune « Petey », dont l’âme reste dans un éternel carcan onirique : « C’est curieux, mais ce n’est pas à la guerre qu’il songeait, il ne pensait qu’à la grande mer grise qui allait devenir le théâtre de son âme. »

The Town and the City est le roman à lire pour tous les fans de la Beat Generation mais aussi pour ceux qui souhaitent faire connaissance avec Kerouac, « l’ange déchu ». Sous les traits de Peter Martin, « … le cœur battant, il s’enfuyait pour penser seul. »

The Town and the City (Avant la route)
Jack Kerouac
Editions La Table Ronde
608 pages – 15,80€

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