Claude Droussent : les maillots du Tour de France passés au crible

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Par Marc Emile Baronheid – Depuis le premier Tour de France, deux à trois mille maillots auraient enluminé le torse des coureurs. En voici mille deux, résultat d’un choix subjectif mais passionnant et révélateur de l’évolution d’un sport qui, rattrapé par la patrouille mercantile, a peu à peu transformé ses héros en hérauts sandwiches.

Cela va du maillot – en laine – des bicyclettes Crescent, porté en 1903 par Hippolyte Aucouturier, à la tunique Trek-Segafredo de champion d’Australie arborée en 2015 par Jack Bobridge. Dans l’intervalle, l’acrylique a remplacé la laine, avant d’être supplanté par le polyester mêlé à l’élasthanne ou Lycra. La mode a évolué, des manches longues et du petit col élégant à l’actuel dépouillement et à la tendance dépoitraillée.

En première partie, gros plan sur 35 maillots associés à autant de champions, du jaune définitivement Merckx au patchwork de Jean-François Bernard dans le Ventoux en 1987, de l’Automoto Hutchinson des frères Pélissier au « Mondrian » La Vie Claire de Hinault, du so chic Sky style Savile Row à l’immense violine Mercier de l’héroïque Poulidor.

Le volume est préfacé par Paul Smith, maillot arc-en-ciel des stylistes, et ce n’est pas anodin. Tout récemment, cet astre de la galaxie mode confiait à un magazine féminin son – seul – regret de ne pas avoir pu mener, à cause d’un accident, la carrière de coureur cycliste dont il rêvait. Vous imaginez John Galliano suçant la roue de Froomy dans l’Alpe d’Huez ?

1000 maillots du Tour de France
Claude Droussent
La Martinière – 19,90 euros

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