Frédéric Jacques Temple : un poète porté par les souvenirs

par

Par Marc Emile Baronheid – Le livre d’un poète, porté par les souvenirs qui sifflent dans les haubans du crépuscule. Frédéric Jacques Temple a rempli plusieurs galions de l’or des souvenirs.

Pas nécessairement baudelairiens. Son spleen à lui s’éploie sur les multitudes qui bercent la mémoire ou tatouent le cœur. Les paysages se déroulent, les noms défilent, des Atlantides émergent comme d’une lanterne magique . A force d’avoir tutoyé tant d’ailleurs, l’envie vous prend de relâcher dans la crique du bilan, sous réserve d’autres largages d’amarres. Les références sont éclectiques, tel ce matador à qui l’on doit « Ce qui ne se peut pas ne se peut pas, et en plus c’est impossible ». Toréer la vie est une insurrection permanente. Tout au plus peut-on se demander ce qu’il advient de l’insouciance, au moment de l‘encornada. Il est trop tôt pour que ce jeune homme de 95 ans y pense sérieusement. L’heure est au retour serein sur investissements. Des éblouissements aux regrets, il n’y a qu’une manipulation approximative du sextant. Beaucoup de noms, de rêveurs ou de rebelles, à découvrir passé le cap de chaque page. Temple aurait-il donné son congé définitif au San Cristobal ? « Mes voiles sont bien étarquées. Je cingle vers l’ouest ». La nostalgie n’a jamais empêché personne de caresser sans fin des rêves de cap hornier.

« Une longue vague porteuse – Carnet de bord », Frédéric Jacques Temple, Actes Sud. 17,50 euros.

Lire aussi dans Poésie :

Jean-Claude Pirotte : à relire, toutes ivresses cessantes

Philippe Jaccottet : entre poésie et jazz, un ouvreur de pistes

Matthias Vincenot : « une rencontre d’arts et de regards »

Le citronnier : une enquête poétique, à la recherche du père

Laissez votre commentaire

Il vous reste

4 articles à lire

M'abonner à