L’homme qui ne disait jamais non : une bande dessinée captivante

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Par Boris Henry – À l’approche de l’atterrissage de l’avion dans lequel elle travaille, Violette, une hôtesse de l’air, remarque un passager qui n’a pas l’air de savoir ce qu’il fait là. Elle le croise dans l’aéroport et il s’avère qu’il a perdu la mémoire .

La jeune femme souhaitant devenir profiler,voit en cet homme un bon sujet d’étude. Elle l’assiste afin de l’aider à assembler les différentes pièces qui permettraient d’en savoir davantage sur son identité, sa personnalité et son existence.

L’homme qui ne disait jamais non, Didier Troncher signe un scénario implacable

Le scénario de Didier Tronchet met en place une mécanique implacable qui attrape le lecteur dès les premières pages pour ne plus le lâcher jusqu’aux dernières. Surtout, et cela est sans doute plus rare, le récit change à plusieurs reprise de style et de ton avec une grande fluidité. S’il débute comme une chronique teintée de comédie et aux enjeux relativement peu importants, au fil des avancées de Violette et de la découverte de la vie d’Étienne Rambert – c’est ainsi que se nomme l’amnésique -, il devient de plus en plus sombre, jusqu’à plonger dans le thriller angoissant. Ces changements sont très bien amenés, de manière imperceptible ou par des révélations surprenantes. Cela est accentué par les cadrages d’Olivier Balez qui privilégient les plans serrés, notamment les plans rapprochés et les gros plans, se focalisant sur les bustes et les têtes des personnages, rendant bien compte de la tempête qui s’agite sous les crânes des deux personnages principaux. Il en découle un minimalisme des fonds des dessins, ceux-ci étant parfois constitués seulement d’aplats de couleur. Ce parti pris peut gêner ou, au contraire, être perçu comme une efficacité supplémentaire puisqu’il centre l’attention du lecteur sur les personnages. Et comme à l’accoutumée, le dessin d’Olivier Balez mélange élégance et dynamisme avec une attention particulière portée aux ombres, notamment sur les visages.

Au final, L’homme qui ne disait jamais non est un album captivant, à la fois léger et sombre, porteur de différentes réflexions (sur l’identité, la mémoire, les apparences…) plus profondes qu’il n’y paraît au premier abord.

L’homme qui ne disait jamais non
Éditions Futuropolis
Scénario de Didier Tronchet, dessins et couleurs d’Olivier Balez
144 pages en couleurs
21,00 euros

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