Sollex : un artiste-entrepreneur qui roule bien

par

Par Nicolas Vidal – Romain Lefrançois, allias Sollex a délaissé les bancs de son école de commerce pour sortir un premier album « Sollex » en hommage à son grand-père adepte de ce moyen de transport.

Sollex propose un album de « chansons en roue libre » qui ont suscité notre adhésion. Romain Lefrançois nous en dit plus sur ce projet vivifiant.

Pourquoi avoir choisi la voie de la musique après une école de commerce ?
Excellente question ! Cependant, je crois que la véritable question est : « Pourquoi avoir suivi une formation en école de commerce ? ». Après 2 ans de prépa, je suis arrivé en école de commerce un peu par hasard, mais j’en suis sorti par conviction. La voie de la musique, de la création en général (car je m’occupe aussi de toute la partie graphique de Sollex), est ma « voix » naturelle, celle qui raisonne, et dans laquelle je trouve un sens à ma petite vie de « t’es rien »…

Pourquoi ce nom de scène, Sollex ?
J’ai fait confiance à mon instinct, un jour que je postulais à un tremplin de chanson, j’ai choisi de m’appeler Sollex plutôt que d’inscrire mon patronyme civil. Et puis, j’ai cherché à comprendre pourquoi mon inconscient m’avait soufflé ce mot et pas un autre. J’ai compris que c’était un hommage à mon grand-père, un grand gaillard normand, qui rêvait d’être projectionniste et se baladait sur un vélomoteur qu’il a transmis à mon père… bref, avec ce nom, j’ai eu l’impression de reprendre un flambeau familial. Pourvu que ça roule !

Le thème de l’enfance semble vous tenir à coeur. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi?
C’est un peu là que tout commence, non ? J’ai comme le sentiment que si j’oublie complètement l’enfant que j’ai été, si j’occulte cette part de moi, alors c’est que je suis foutu, que je deviens zombie ! C’est un peu ce que dit Franquin quand il écrit « Un adulte, c’est un enfant qui a mal tourné. ». Finalement, je garde le contact avec l’enfance, par devoir de mémoire…

Vous utilisez de très nombreux instruments, certains sont usuels, d’autres plus éclectiques. Pourquoi ce choix ?
Pour ce premier « bébé » discographique, j’ai voulu expérimenter, aller au bout des idées d’arrangements… donc c’est vrai qu’on peut entendre des petits éléments sonores non usuels : une casserole (qui sonne super bien sur « Abandonné »), une sonnerie de four, des frottements sur un vieux jean pour imiter le bruit d’un train… et puis parfois je n’avais pas le choix aussi. Par exemple, comme je n’avais pas de basse, j’ai joué toutes les parties de basse sur une guitare que j’ai désaccordée pour avoir un son proche de la contrebasse en positionnant bien le micro… c’est particulier, mais ça le fait !

Un premier album autoproduit. Comment avez-vous vécu cette aventure ?
Comme une grossesse ! Sauf que j’ai mis plus que 9 mois… C’est une aventure assez dingue. Entre le moment où je me suis lancé dans l’inconnu et le soir du concert de sortie d’album (qui a eu lieu au Zèbre de Belleville), je suis passé par plusieurs phases hormonales… harmoniales ? Je pense avoir avancé et progressé à tout point de vue : l’écriture, l’arrangement, le chant, l’oreille, le jeu, le développement de projet, la gestion administrative… Depuis quelques temps, quand on me demande ce que je fais, je réponds : « artiste-entrepreneur »… autant vous dire qu’il n’y pas souvent cette case dans les questionnaires !

Quel bilan dressez-vous aujourd’hui depuis la sortie nationale de votre album en avril 2015?
Ah ! L’heure du bilan… ça me rappelle un peu l’école de commerce ça. Pour un album autoproduit et financé en partie par une campagne kisskissbankank, je trouve que Sollex s’en sort pas mal. Le projet s’est structuré, a gagné en maturité, s’est professionnalisé et a reçu un bel accueil de la part d’une partie de la famille de la chanson : Francofans, Les enchanteurs, les Chroniques de Mandor… et même une belle surprise avec une diffusion de « Coquillage et Nutella » sur France Inter !

Lire aussi dans le Backstage :

Lartigo : Hipster Patois, un nouvel album punchy

Arthur Le Forestier : un EP romantique et textuel

Le Comptoir des Fous : de la musique et de la fête

Zo : road movie et rencontre dans les Paradis ordinaires

Dom Flemons : les racines musicales de l’Amérique

Laissez votre commentaire

Il vous reste

4 articles à lire

M'abonner à