Editions Jigal : Philippe Georget tient le cap

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Par Marc Emile Baronheid – Philippe Georget poursuit son travail d’écriture comme on calfate les œuvres vives d’un cotre : à force de passion, de patience, de minutie. Son dernier roman tient le cap vers des lendemains qui enchantent.

«Perpinyà» est célèbre pour l’USAP et pour sa gare, centre du monde selon saint Dali. On y oscille de l’ovalie à l’extase de l’antigravitation. Gilles Sebag n’en a cure. Ce fer de lance de la police locale a d’autres chats à fouetter. Lui, le vertueux, l’incorruptible, vient de découvrir que sa femme le trompe. Comble d’ironie, de nouveaux faits-divers fustigent ses propres démons. Une femme adultère est tuée, un cocu dépressif se jette dans le vide. Tout rappelle au flic sa propre infortune. Des affaires limpides. Mais Georget malmène d’emblée l’enquêteur qui sommeille dans tout lecteur de polar. La clé de l’énigme, il faudra la mériter, entre rivalités de commissariat et lente descente dans le piège consolateur du whisky. Cette partition retorse sur fond de Canigou et de Méditerranée ose même empiéter sur le territoire des hebdos pour paroissiennes émoustillées : « Quand des femmes évoquent entre elles le plaisir féminin, l’homme sage se tait. Car il sait que s’il parle, il passera au mieux pour un prétentieux, au pire pour un imbécile. Les deux n’étant pas incompatibles. » Ce n’est pas du Dali. Du Dati peut-être ?

« Méfaits d’hiver », Philippe Georget, éditions Jigal, 19,50 euros

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