fbpx

Un portrait sobre, lucide et émouvant de Laurent Fignon

par

Par Marc Emile Baronheid – bscnews.fr/« Cette détestation de la défaite, au service de laquelle il mettait son moral de guerrier et son mental en tungstène ». Ainsi Valérie Fignon décrit-elle Laurent. Nous le savions du champion cycliste hors norme ; nous le découvrons chez l’homme au quotidien. En préambule à la centième édition de la Grande Boucle, les télévisions ont proposé un film consacré à « La légende du Tour de France ». Dans cette évocation de 2×52 minutes, nombre de forçats de la route et d’amants de la gloire ont eu droit au rappel de leurs exploits.

Pas Laurent Fignon, double vainqueur de l’épreuve, devenu un consultant dont l’intelligence, le sens de la nuance et le franc-parler faisaient merveille et inspiraient le respect. Il est des omissions qui déshonorent les coupables plus qu’elles ne meurtrissent les victimes. C’est à croire que Valérie Fignon avait pressenti la vilenie. Le récit de sa vie aux côtés de Laurent paraît à point nommé pour faire justice de cette injustice. Il est sobre, lucide, émouvant, déterminé, complice, rageur, passionné, douloureux, dévêtu, libre. Relatant son expérience amère du cancer, cet abominable passager clandestin, Valérie F s’en prend avec une émotion contenue à la manière dont notre époque est capable/coupable d’accompagner le malade et ses proches. Deux comparses lui sont utiles : un médecin médiatisé, un gentil journaliste. Vainqueur en amour et dans la vie, Laurent Fignon n’a perdu que deux courses contre la montre. L’une pour huit secondes, sur les routes de France ; l’autre après quinze mois de lutte acharnée dans le dédale des hôpitaux. Dans le premier cas, ce fut au terme d’un franc duel d’homme à homme. Dans le second, il était à la merci du contre d’un adversaire déloyal, suceur de roue, tapi dans son ombre, ne prenant jamais un seul relais, attendant sournoisement qu’il s’épuise pour le poignarder. Laurent Fignon était trop habité par la bravoure pour capituler. Cocteau écrivait « un brave général ne se rend jamais, même à l’évidence ». Présentez armes !

« Laurent », Valérie Fignon plus Michel Cymes, Patrick Romedenne, Grasset, 19 euros

A lire aussi:

Bruno Heckmann : « Football et littérature, c’est un peu comme hooligan et cerveau, a priori, c’est antinomique »

Cyclisme : la santé de fer de la Petite Reine

Du foot au théâtre : un match perdu par Nadia Xerri-L

Cyclisme : la santé de fer de la Petite Reine

Laissez votre commentaire

Il vous reste

4 articles à lire

M'abonner à