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Montparnasse où l’âge dort

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Par Marc Emile Baronheid – bscnews.fr / Vous saviez peut-être que Montparnasse avait connu une période intellectuellement et artistiquement faste, l’espace de deux ou trois décennies du siècle dernier. Vous n’en mesurerez la richesse et l’extraordinaire effervescence qu’en parcourant l’ ouvrage étourdissant que lui consacre Olivier Renault.

En fait, on ne sait où donner de la tête si l’on arpente Montparnasse, Renault en main. Le sommaire suffit à provoquer le tournis. Faire mouvement vers le carrefour Vavin, « nombril du monde dans l’entre-deux-guerres », puis se laisser porter par la gourmandise ? C’est courir le risque de finir comme l’âne de Buridan. Renault choisit en premier « le boulevard du Montparnasse et ses affluents ». Le Select, La Coupole, Le Parnasse, La Rotonde, Le Dôme, autant de lieux où le rêve courtise la dèche, où des modèles peu farouches s’acoquinent à des barbouilleurs de génie, où règne un cosmopolitisme que notre temps d’exclusion serait en peine d’imaginer. Un art de vivre singulier, une conjonction de forces créatrices, un courant de libération sexuelle, une échappée belle dans la fête pour mieux justifier un travail acharné : ça c’est Montparnasse. Mais le piège tendu par Renault menace de fonctionner : il faudrait les citer tous car aucun ne mérite le second rôle. On se déporte ensuite « autour de Denfert-Rochereau », pour continuer « De l’avenue du Maine à La Ruche ». L’ensemble est truffé de photographies, regorge d’extraits de livres qui lui confèrent un naturel et une fluidité enviables. On est aux antipodes du copier-coller qui incarne désormais l’indigence et l’improbité ambiantes. Passer sous les fenêtres de l’atelier où Moïse Kisling léchait ses fameux nus, entrer à l’Académie Colarossi où les femmes étaient admises à peindre des modèles masculins entièrement dévêtus, voir où Picasso travaillait entre deux leçons de russe données par la baronne d’Oettingen et réputées « très particulières », vous désaltérer à la terrasse de cette Closerie des Lilas où Soupault s’accrochait au lustre et, s’aidant des pieds, faisait véritablement table rase ? Rien de plus simple : emboîtez le pas à Olivier Renault, libraire de son état, récent auteur d’un délicieux et inspiré « Rouge Soutine» (éditions de La Table Ronde, 2012) qu’il serait fâcheux de méconnaître. Henri Guillemin proclama un jour « Sur de Gaulle, voyez Lacouture ». Montparnasse ? Jamais sans Renault !

« Montparnasse, les lieux de légende », Olivier Renault, Parigramme, 19,90 euros

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