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Le siphon : Métro, Boulot, Bobo

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Par Julie Cadilhac –bscnews.fr/ Il n’est pas sûr qu’après avoir assisté à une représentation du Siphon vous trainiez encore beaucoup dans les sous-sols de Paname… La compagnie du Petit Théâtre du Pain a l’art de convier les émotions les plus vives sur le plateau et ces dernières déferlent sur le public avec une prodigieuse énergie qui ne laisse pas entièrement intact. Leur dernière création, le Siphon, est un polar urbain tout aussi ancré dans la fange réaliste des misères quotidiennes qu’en suspension fantasmagorique dans un monde poétique et déroutant.

Lors de la scène d’exposition, on apprend qu’un voyageur, père de quatre jeunes femmes, est mort accidentellement dans le métro parce qu’il y a été poussé. Cet incident dramatique va provoquer des réactions en chaîne aussi tordantes qu’inquiétantes. Durant 2h30, le spectateur est plongé dans le réseau urbain souterrain, cauchemar étourdissant de bruits, de mouvements et d’anonymat. Des êtres à la dérive y ont posé leurs bagages, d’autres sont pris de fureur meurtrière et ce lieu de passage devient le défouloir de toutes les pulsions que l’on retient sous le soleil. Véritable cimetière de la raison, les âmes en peine hantent les quais et précipitent les vivants dans une torpeur déstabilisante. Vous y croiserez notamment une prostituée givrée jusqu’aux os, un sdf au coeur gros, un inspecteur désabusé, un conducteur de rames en implosion, une serial-killeuse philosophe et tant d’autres visages qui se défont au gré des malheurs qui halètent, langue pendante, sur les quais et attendent leur proie. L’écriture d’Aurélien Rousseau, nerveuse et sensible, ne ménage pas et force le spectateur à accepter de pénétrer dans la noirceur de nos existences polluées par les misères que nous infligent le quotidien. S’il est vrai que l’idée affichée sur le plateau que l’hystérie, le renoncement de soi et les pulsions meurtrières peuvent se présenter un matin en chacun de nous est extrêmement dérangeante, elle n’en est pas moins juste. Toutefois, si ,par ses atours et son sujet, la pièce est terriblement sombre, il faut s’habituer à l’obscurité, entendre les voix des laissés pour compte qui donnent parfois une leçon d’espoir revigorante et lever les yeux pour apercevoir la lumière…d’un sourire par exemple. Le final du Siphon est une douceur délicieuse que nous aurons le coeur de ne pas vous révéler. Il va sans dire que le jeu des acteurs, les créations de lumière et musicales, les costumes, la scénographie, les constructions et la mise en corps sont de grande qualité! Foncez! Une pièce déjantée à ne pas rater!

Le Siphon d’Aurélien Rousseau

Cie Petit Théâtre du Pain

Mise en scène: Ximun Fuchs

Dates de représentation en 2013:

MARS

Les 21 et 22 mars au Théâtre Jean Vilar ( Montpellier)
AVRIL
• Samedi 13 à NOGENT-SUR-OISE (60) – 
Coup de Polar(s) à Nogent-sur-Oise
20h30 – Marché couvert
JUIN
• Samedi 8 à CHAMPMILLON (16) 
- 
21h30 – dans le village
• Jeudi 27 à SAINT-BARTHÉLEMY-DE-VALS (26)
- 
21h00 – Place de la Liberté (terrain de pétanque)
• Samedi 29 à FÉLINES (07)-21h00 – Parking du terrain de football
JUILLET
• Samedi 27 à SAMATAN (32)
- 
Festival Scènes envie
SEPTEMBRE
• Mercredi 25 à NIMES/Salle des Costières (30)

OCTOBRE
• Mardi 1 à Uzès (30) (Ancien Evéché)


Samedi 5 à Pennautier , ATP de l’Aude, salle Intersports ( 11)

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