Antonio Moya : le virtuose de la guitare flamenca

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Par Blandine Dumazel – bscnews.fr / François Noël, directeur du Théâtre de Nîmes et Patrick Bellito, directeur artistique du Festival flamenco de la capitale gardoise, peuvent se féliciter que Nîmes voit son festival s’imposer en terme de qualité par la notoriété des artistes invités. Précision de François Noel, « Le festival fait partie intégrante de la saison du Théâtre de Nîmes où se croisent tous les artistes les plus créatifs, les plus expérimentés, les plus novateurs d’un univers flamenco toujours bouillonnant ». Antonio Moya est de cet univers-là.

Antonio Moya de Nîmes y Utrera, magistral et simple à la fois

Antonio le Nîmois et de Utrera (depuis près de 25 ans ) a fait le chemin inverse pour retourner au pays natal de ses parents, en Andalousie. Retrouver là-bas, ses racines plantées jusqu’au cœur de cette terre andalouse vibrante de l’âme flamenca, c’était plus fort que lui. Le flamenco, ce n’est pas qu’une musique accompagnatrice de chants et danses Le flamenco est un mode vie, un art de vivre. Les Gens de ce monde-là, celui des Gitans Andalous des deux Sud, espagnol et français, mêlent et tissent indiciblement des liens entre l’art et la simplicité de leur vie quotidienne. Tous les moments, graves ou légers, se chantent, se jouent, se dansent, se vivent tout naturellement avec l’intensité des émotions partagées entre tous. Antonio Moya vit pleinement le flamenco. Le flamenco est sa vie.
A Nîmes, c’est en écoutant Pepe Linares, mémoire du flamenco d’ici, et Néné Cortés, que le goût des doigts sur les cordes s’immisce en lui. Son ami, Isidore, se souvient que le jeune Antonio préférait déjà jouer de la guitare plutôt que de manger à la pause repas sur le chantier nîmois qui l’embauchait.
Sur la scène du Théâtre de Nîmes, « Al compas de su gente – Familia de la buena », Antonio Moya, généreux, simple et meneur, a réuni les deux familles qu’il porte en son cœur, celle de Utrera, berceau de son épouse, la belle cantaora Mari Pena, et les siens de ce côté de la frontière pyrénéenne, les Andalous de Port-de-Bouc, et de Martigues, José de la Negreta, Paco Santiago, Cristo Cortés, Pepe Linares. Toute l’authenticité de las reuniones de cante de su casa.
Antonio Moya, pense-t-il à Pedro Bacan en montant sur scène ? Sûrement ! Sa rencontre avec Pedro Bacán, icône de la guitare flamenca, a été décisive puisque ce dernier lui a offert son premier engagement professionnel dans son groupe « Pedro Bacan et le clan des Pinini ». C’était en 1990. Quelques années sont passées…Pedro est parti tragiquement sur une route près de Lebrija ; Antonio, lui, est retourné aux sources du Guadalquivir. Aujourd’hui, considéré comme l’héritier du jeu de Pedro Bacán, il devient le guitariste de référence du milieu gitan d’Utrera et de Lebrija et l’exemple à suivre des Gitans de Provence et du Gard. « La guitare, c’est le cœur que tu mets quand tu joues, quand tu improvises pour honorer los cantaores y los bailores. » précise Antonio Moya. Forte émotion. Souvenirs des guitares et des mains et des palmas, de la cadence qui s’accélère, qui se calme… Puissance du rythme, lenteur, douceur et silence. Quand les guitares, les voix, les corps entrent dans les danses, le flamenco que Moya nous donne à vivre est envoûtant.

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