L’importance d’être sérieux et le plaisir de ne pas l’être

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Par Julie Cadilhacbscnews.fr/ Qu’Ernest soit sérieux ou pas, sa capacité à butiner au gré de son coeur jeune et fougueux, distille dans le coeur des spectateurs le parfum nostalgique des heures insouciantes.

La mise en scène de Gilbert Désveaux exprime avec pertinence l’impression de légèreté imprévoyante que contient en substance la pièce du grand Wilde : sur scène, le badinage est la règle du jeu, le sérieux un prétexte à faire naître davantage de papillons dans le ventre des amoureux étourdis. La traduction de Jean-Marie Besset , volontairement dépoussiérée , restitue avec finesse la modernité intrinsèque des propos du libertin, s’affranchit des clichés tout en conservant les aphorismes charmants qui font toute la saveur du dramaturge anglais. Sur le plateau, une distribution de qualité : Algernon est délicieusement mutin, Jack est son pendant bienséant, Cecily rayonne de frivolité jouvencelle, Gwendolen est fantasque à souhait. Claude Aufaure incarne une Lady Bracknell attrayante, Gorgone tenant d’une main de fer son ménage et les intérêts familiaux. On saluera également le travail de confections des costumes d’Alain Blanchot et la scénographie superbe de Gérard Espinosa.

L’importance d’être sérieux, conçue par Oscar Wilde au moment où sa vie va basculer dans la tragédie, est une comédie brillante tant ,derrière la désinvolture apparente des moeurs et des propos, se dessine une critique des conventions sociales et de la société anglaise. Et…Ernest n’est pas sérieux, assurément non, mais personne n’est sérieux dans ce plaisant « vaudeville » : les jeunes femmes gagent leur confiance sur deux vaines syllabes, les jeunes hommes se rebaptisent pour un sourire appuyé, les mères se laissent appâter par le gain, les révérends ont la chair faible et les gouvernantes désertent leur poste pour une promenade bucolique. Seul Oscar Wilde , du haut de son verbe ciselé et mordant, figure de proue iconique – mais dont on croit encore entendre le rire complice – , demeure le réverbère génial autour desquels une troupe de lépidoptères zélés s’étourdit de sa lumière et de son énergie revigorante.

Titre: L’importance d’être sérieux d’Oscar WildebracknellNouvelle traduction: Jean-Marie Besset
Mise en scène: Gilbert Désveaux
Durée: 1h45
Avec Claude Aufaure, Mathieu Bisson, Mathilde Bisson, Matthieu Brion, Arnaud Denis, Marilyne Fontaine, Margaret Zenou.
Collaboration artistique: Régis de Martrin -Donos
Scénographie: Gérard Espinosa
Crédit-photo: Marc Ginot
Production: Théâtre des 13 vents – CDN Languedoc Roussillon- Montpellier

Les Dates de représentation:

– Du 15 au 26 janvier 2013 au Théâtre des 13 vents, CDN de Montpellier

– Du 30 janvier au 5 février 2013 au Théâtre de l’Ouest Parisien ( Boulogne -Billancourt)

– A partir du 16 mars 2013 au Théâtre Montparnasse ( Paris)

– Les 20 et 21 juillet 2013 à Figeac

– Les 29,30 novembre et 1er décembre 2013 à Boulogne-Billancourt

– Le 6 décembre 2013 au Perreux-sur-Marne

– Du 11 au 19 décembre 2013 au Théâtre des 13 Vents à Montpellier

– Le 7 janvier 2014 à Carcassonne

– Le 11 janvier 2014 à Fontainebleau

– le 17 janvier 2014 à Mée-sur-Seine

– Le 23 janvier 2014 à Lunel ( 34)

– Le 6 février 2014 à Saint-Cloud

– Le 8 février 2014 à Herblay

– Le 14 février 2014 à Neuilly-Sur-Seine

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