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Jean-marc Parisis : un roman juste et charmant

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Par Mélina Hoffmann – bscnews.fr / François Roman est un parolier à succès. Son registre ? Les chansons d’amour. L’amour dont il noircit des pages sans véritablement en remplir sa vie, qu’il partage pourtant avec Laurence. Mais ça, c’est l' »avant ».

Et puis, lors d’une soirée parisienne, François rencontre une jeune femme à l’envoûtement de laquelle il succombe , et qui lui murmure à l’oreille : « Vous n’avez pas froid sans manteau ? Ne rentrez pas trop tard », avant de se glisser dans un taxi et de s’effacer tel un courant d’air dans la nuit, avec la légèreté d’un ange.
Captivé par cette femme mystérieuse qui a mis tous ses sens en émoi, attiré par le parfum de danger qui émanait d’elle, François n’a qu’une seule envie, la retrouver. Qu’a-t-il à craindre, lui qui n’avait jamais souffert d’amour, lui qu’on n’avait jamais quitté…
Arrive alors le « pendant » d’une relation délicate et sensuelle, au goût brûlant de passion entre les deux amants. François découvre les vertiges de l’amour ; cet amour sur lequel il n’avait jusqu’alors fait qu’écrire.
Mais la passion se nourrit de l’éphémère et de l’impossible. Elle se consume aussi vite qu’elle s’embrase. Et alors même que le « pendant » a un goût d’infini, l' »après » se dessine déjà en filigrane. Arrive le temps de la séparation des corps et des coeurs qui ne s’étaient faits aucune promesse. François, désemparé, se trouve à nouveau plongé dans une solitude que les souvenirs de cette passion rendent un peu plus douloureuse qu’avant. La jalousie, l’incompréhension, la désillusion et le désespoir viennent recouvrir l’ivresse des plus beaux sentiments.
« Si l’amour est le plus court chemin vers la solitude, le mensonge conduit à la folie. Esseulé dans l’amour, aliéné par le mensonge, je m’étais complètement perdu. Dans l’amour, quand on n’est pas deux, on est moins qu’un. »
Si le thème du tryptique amoureux « rencontre, passion, séparation » n’a, certes, rien d’original, la plume fluide, précise et réaliste de Jean-Marc Parisis lui donne néanmoins une autre saveur. Alternant romantisme et brutalité, il décrit avec minutie les trois temps d’une histoire d’amour passionnelle dans un Paris fiévreux et incandescent, dévoilant à travers sa prose masculine toute la gamme des sentiments propres à la passion. Un roman qui sonne juste et qui nous charme.

« La première fois que je l’ai vue, je ne l’ai pas vue, je l’ai aimée de dos. Je savais que lorsqu’elle se retournerait, ce serait pire. Blonde avec des traits de brune. Ses yeux brillaient d’une lumière mystérieuse et familière qui semblait venir du fond de l’enfance. Le pain et le chocolat, la marelle au soleil, les genoux écorchés, les matins d’hiver si durs à se lever. »

Jean-Marc Parisis – Avant, pendant, après – Le Livre de Poche


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