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Ken Bugul : Un engagement littéraire à l’honneur

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Par Babusha Verma – bscnews.fr / L’écrivaine sénégalaise Mariètou Mbaye Biléoma connu sous le nom Ken Bugul a reçu le 27 juillet 2012 à l’Ambassade de France à Dakar la médaille d’officier de l’ordre français des Arts et Lettres, par Laurent Fabius, Ministre français des Affaires étrangères et européennes.

Mariètou Mbaye Biléoma (née en 1947 au Sénégal) écrit sous le pseudonyme Ken Bugul qui signifie en wolof « personne n’en veut ». L’honneur de la médaille d’officier de l’ordre français des Arts et Lettres qu’elle a reçu récemment par la République française montre l’appréciation et la fierté de son engagement exceptionnel dans l’écriture des femmes africaines.
Fonctionnaire internationale, Chargée de Programmes dans la région Afrique d’une organisation non gouvernementale internationale s’occupant de programmes et projets de planification familiale, Ken Bugul, depuis 1994, se consacre principalement à ses activités d’écrivaine et à la promotion d’œuvres culturelles, d’objets d’art et d’artisanat.
Auteure de huit romans, à part de quelques nouvelles et articles, elle a été couronnée « Grand Prix littéraire de l’Afrique noire » pour son ouvrage Riwan et le chemin de sable en 2000. Les trois premiers romans de Ken Bugul, ceux qui constituent la trilogie autobiographique, peuvent être lus comme l’expression de soi. Le baobab fou (1982), Cendres et braises (1994) et Riwan ou le chemin de sable (1999) présentent plusieurs contradictions : le passé ou le présent, l’Europe ou l’Afrique, le parcours traditionnel ou l’éducation moderne. Le baobab fou et Cendres et Braises présentent l’angoisse d’une femme, portant aussi le nom Ken Bugul, qu’elle subit lors de son séjour en Belgique et ensuite en France. Ce déchirement n’est que soulagé par la rencontre avec le Serigne à sa rentrée en Afrique dans Riwan ou le chemin de sable. Mais le sentiment d’être rejeté continue de la suivre. « La douleur n’est pas indicible ». L’inexplicable fait de n’avoir pas été aimée par sa mère, qui lui préféra Samanar, sa nièce et ainsi la quitta dans son enfance domine De l’autre côté du regard (2003).
Militant toujours pour les droits de la femme, et surtout ceux d’un individu, l’œuvre de Ken Bugul démontre la situation contemporaine en Afrique sub-saharienne. D’une part,Ken Bugul accorde une grande importance aux traditions et aux coutumes africaines, de l’autre part, avec la publication de La Folie et la Mort (2000), elle fait une critique de la guerre civile, de la pauvreté, de la dictature, de la misère en Afrique. Le même regard critique continue dans La Pièce d’or (2006) où les désespérés cherchent la pièce d’or, le mythique codorong pour repérer leurs vies en Afrique.
De plus, d’un côté, Bugul fait un éloge de la polygamie dans Riwan ou le chemin de sable, de l’autre côté, dans Rue Félix-Faure (2005), elle raconte l’histoire des femmes humiliées par quelques moquadems au nom de la religion. Son dernier roman Mes Hommes à moi (2008) est une illustration par excellence de son critique féministe et africaniste : une introspection profonde d’une femme sur son passé intime dans une quête d’une identité.

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