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Juliette Arnaud : un premier roman rassérénant

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Par Julie Cadilhacbscnews.fr/©Antonin Guidicci/ Juliette Arnaud est comédienne, scénariste de films et de pièces de théâtre. Elle a joué notamment dans la comédie à succès Arrête de pleurer Pénélope! qui a séduit plus de 400 000 spectateurs et enregistré plus de 1200 représentations.

Arsène est son tout premier roman. C’est le récit d’un jeune collégien au prénom désuet, Georges, extrêmement brillant à l’école, qui tombe amoureux d’une jeune femme excentrique et fragile qui vient de s’installer dans son immeuble. Une rencontre aussi émouvante qu’espiègle, aussi impossible que naturelle ! Juliette Arnaud y évoque avec délicatesse et intelligence des problèmes d’adultes en utilisant le point de vue bonhomme et rassurant d’enfants qui ne baissent pas les bras! Rassérénant!

Quelle est la genèse de cette histoire? Arsène est-elle un personnage qui trottinait dans votre tête depuis longtemps?
Georges était, je crois, dans ma tête avant Arsène. Sa voix, sa manière de raconter, d’aimer, de voir ceux qui l’entourent et d’abord cette fille qui est sa première histoire d’amour (contrarié). Je pensais beaucoup au Petit Nicolas et comme cette histoire continue à me faire rire aux larmes. Je voulais raconter comment un enfant sage et gai rencontre l’amour, la violence, les choses des adultes. Mélanger la comédie et le mélo.

Après avoir co-signé la pièce « Arrête de pleurer Pénélope » et sa suite, pourquoi avez-vous choisi un public de jeunes adolescents dans Arsène?
Je n’ai pas choisi le public ado. C’est simplement que pour écrire cette histoire j’avais comme références des livres découverts à l’adolescence, « quand j’avais 5 ans, je m’ai tué », « mon bel oranger », « le petit chose » « Zazie dans le métro » et d’autres. Des livres que tu finis en larmes et que tu n’oublies jamais. Alors voilà…

Vous êtes aussi scénariste pour le cinéma… ce roman serait tout à fait adaptable en scénario de film, non? Cela pourrait être un projet pour vous?
J’adorerais qu’Arsène soit un jour un film. Mais je ne suis pas sûre d’avoir le recul nécessaire pour le faire. C’est que finalement ce livre est assez intime. Peut-être trop. Et puis j’aimerais beaucoup voir l’imaginaire d’un ou d’une autre s’en emparer.
C’est un roman très émouvant et l’on se dit qu’il comprend forcément des petits bouts de vous, non?
Oui des bouts, des gros bouts, de moi petite, de moi jeune femme, et des bouts d’autres gens, des gens que j’aime et qui m’inspirent.

Arsène, c’est un numéro 10, dit Georges passionné par le foot…. tout comme vous qui êtes née à Saint-Étienne?
Ah Saint Étienne… les Verts dans les années 70, le Chaudron… oui, ça a du me marquer tout de même. La passion de certains de mes grands cousins.

Arsène adore le rock anglais…vous aussi?
J’aime le rock anglais et américain, celui des années 60 et 70, et comme Arsène, j’y cherche des réponses, des échos à ma colère, des apaisements et encore une fois, un lien avec mon enfance.

Vous évoquez le beau roman d’Harold et Maud : un de vos livres de chevet?
En vérité un film de chevet que ma grand-mère m’avait fait découvrir. Et je me souviens qu’à l’époque je ne voyais rien de surprenant à ce que ces deux-là s’aiment. Ce qui me choquait, c’étaient les fausses tentatives de suicide d’Harold.
Quand on écrit pour des ados, se demande -t-on quels thèmes, quels personnages, quelles situations les accrocheront et leur donneront le goût de lire? Est-ce une cible plus compliquée que celle des adultes selon vous?
Je ne me suis pas posée ces questions en écrivant. Mais c’est vrai que j’avais en tête la lectrice que j’étais il y a longtemps.

Vous utilisez le principe du monologue intérieur et du changement de point de vue….une technique amusante pour l’auteur et qui convient bien à laArsène comédienne que vous êtes aussi qui rentre dans la peau de différents personnages?
Comme l’idée de me lancer à écrire un roman m’angoissait, je pense effectivement que les voix des différents narrateurs, en me rappelant le théâtre ou le cinéma, me rassurait.

Vous montrez des professeurs, Mme Cognet et M.Guédon, dans des situations de profonde solitude: souhaitiez-vous que les enfants réalisent ce qu’il y a derrière l’écorce autoritaire ou sérieuse des individus qu’ils fréquentent le plus?
Je suis fille de prof. J’ai donc connu des profs hors des salles de classe et je sais depuis toujours que ce sont des gens comme les autres. Et ça, c’était pas si évident pour les autres gamins. Être prof, c’est aussi se mettre en scène, être seul face à une classe, jouer de son charme, de sa capacité d’ensorcellement. J’avais envie de leur rendre hommage.

D’ailleurs tous vos personnages sont solitaires, Lita, Ali, Arsène et même Georges…On pense d’ailleurs à Anna Gavalda et à son « Ensemble c’est tout » , roman dont s’est inspiré l’adaptation dans laquelle vous avez joué… À plusieurs, on se soutient, on s’entraide et les déboires de la vie se digèrent mieux…. est-ce aussi le message que vous souhaitez transmettre? Votre credo de vie?
Je voulais raconter des gens qui arrivent à s’aimer même un peu alors qu’ils sont si différents que cela devrait être injouable. Je déteste l’idée qu’on ne fréquente que des gens semblables en gros à nous, socialement, par tranche d’âge…

Pour résumer, c’est un bouquin qui aborde des thèmes douloureux et graves : la maladie, la dépendance à la drogue, la mort du grand-père…mais qui est également plein d’optimisme! Est-ce un peu la recette de votre écriture?
Je voulais vraiment écrire un mélo et une comédie. Raconter comment la bulle d’enfance de Georges crève avec l’irruption d’Arsène dans sa vie mais en gardant tout ce qu’il y a de tonique, d’insouciant et de malicieux dans l’enfance.

Enfin, quels projets pour cette fin d’année 2012? Des salons, des dédicaces…quand les lecteurs pourront-ils vous rencontrer?
Je vais effectivement participer à des salons à Boulogne, à Montreuil, à Brives et au Mans. Et j’espère vraiment rencontrer des lecteurs et entendre leur point de vue.

Titre: Arsène

Auteur: Juliette Arnaud

Editions: Casterman Jeunesse

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