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Les amants du n’importe quoi : un roman ô combien contemporain

par

Par Mélina Hoffmann – bscnews.fr / « En bas de l’immeuble, Tristan pense à Amélie. Il se dit qu’il va la tromper ce soir, que ce sera la première fois. A-t-il réellement cru, un jour, qu’il parviendrait à se défaire de cette folie qui le pousse de fille en fille ? Au début, peut-être ; mais les débuts ne veulent rien dire, les débuts mentent. »

Amélie aime Tristan. Tristan aime Amélie… et aussi toutes les autres femmes. Pourquoi n’être qu’avec une seule quand on les désire toutes ? Il avait pourtant cru qu’avec elle les choses pourraient être différentes, qu’elle pourrait le faire sien ; il l’avait même laissée s’installer dans sa vie, ébloui par la passion et la magie d’un amour naissant. Mais Tristan est 
rapidement rattrapé
 par sa vraie nature,
son immaturité
 sentimentale. Le jeune 
homme est en proie au doute. Se sent-il vraiment prêt à renoncer à toutes ces autres femmes qu’il pourrait aimer ? Désire-t-il vraiment devenir l’homme d’une seule d’entre elles ? Ne devrait-il pas plutôt quitter Amélie ? N’est-il pas prisonnier de sa tendresse à son égard ? Et puis, alors qu’Amélie est en déplacement, il rencontre O. à une soirée et ne résiste pas à ce goût – désormais interdit – de liberté. Pourtant, prisonnier de sa tendresse à l’égard d’Amélie, il ne parvient pas à prendre la décision de la quitter. Comment pourrait-il la faire souffrir ainsi, la décevoir, la laisser telle une orpheline, elle, si fragile, qui ne semble exister qu’à travers son amour pour lui. « Il lui suffisait d’imaginer Amélie en larmes pour désamorcer toute envie immédiate de rupture. Lui dire quoi ? Qu’il n’était pas heureux ? Qu’il avait besoin de retrouver sa liberté ? Et qu’en ferait-il, de cette liberté retrouvée ? Sans doute repartirait-il à la conquête de la vie. Mais à elle, que lui resterait- il ? Rien. Il était devenu un élément de son identité. Partir, c’était abandonner une enfant sur le bord de la route ; c’était lui couper les vivres. » Ce court et oppressant roman nous entraîne dans les affres de ce sentiment diffus, intense, incontrôlable, instable et déraisonné qu’est la passion. Une passion qui plonge peu à peu nos deux amants dans l’impasse la plus totale, dans le « n’importe quoi », jusqu’à une rupture aussi inévitable qu’impossible. Doutes, peurs, espérance, culpabilité, dépendance, jalousie, trahison, lâcheté, attendrissement, peur de l’attachement, crainte de l’abandon, domination de l’autre, non-dits, promesses sans lendemains… Florian Zeller explore avec simplicité et poésie les nombreux pièges insidieux de la passion, obstacles non avoués à la relation amoureuse. Et puis quelques interrogations en filigrane : l’amour s’arrête-t-il là où la tendresse commence ? Peut-on renoncer à soi-même pour un(e) autre ? Peut-on accepter d’aimer dans la souffrance ? Des questions auxquelles Tristan trouvera peu à peu ses réponses. Nous assistons ainsi avec angoisse et désillusion à la valse fugace et cruelle de deux êtres en perdition qui, à défaut de savoir s’aimer, finissent par se détruire l’un l’autre. Un roman ô combien contemporain…

Titre: Les amants du n’importe quoi


Editions J’ai lu

Auteur: Florian Zeller

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