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Baptiste Trotignon - Song Song Song - Interview

Baptiste Trotignon :  » Song Song Song » ouvre une nouvelle voix dans le Jazz

Par Nicolas Vidal – bscnews.fr / Baptiste Trotignon a convoqué l’audace, la mélodie et le charme dans son nouvel album  » Song Song Song ». Avec une dizaine d’artistes prestigieux qui ont collaboré sur ce projet ( Melody Gardot, Minino Garay, Christophe Miossec, Monica Passos, Jeanne Added…), cet album est une réussite totale tant par sa beauté que sa volonté d’ouvrir le Jazz au plus grand nombre. Nous avons rencontré Baptiste Trotignon pour qu’il nous donne les clés de son nouvel album  » Song Song Song » (Naïve)

propos recueillis par

Pour commencer, pouvez-vous nous parler de la genèse du nom de l’album  » Song, Song, Song » ?
Clin d’oeil à « Sing Sing Sing » , célèbre morceau de jazz des années 30 joué par Benny Goodman . Une façon simple de dire qu’on peut à la fois rester attaché au swing , au bounce , et vouloir signifier un peu de chanson !

Comment appréhende-t-on avant l’enregistrement une telle diversité d’artiste sur un seul et même album ?
C’est de l’artisanat ! Très empirique . J’aime les rencontres avec des artistes forts, et dans le cas présent les 4 artistes vocaux sont 4 identités artistiques très affirmées avec lesquelles il y a eu un travail de création en commun, très loin du « c’est mon disque , vous faites ça! » etc… La diversité est une façon aussi pour moi de chercher . Si je faisais 11 morceaux qui sonnent tous un peu pareil ou sont dans le même mood ( ce qui est la norme plus ou moins ), j’aurais l’impression d’être un fort médiocre créateur !

Comment s’est fait par ailleurs le choix de ces artistes ?
En fonction des envies , des disponibilités de chacun aussi . Mais en tout cas d’avoir une palette qui représente bien les différentes amours que j’ai en matière vocale . Le rapport au texte ( Miossec ). Et la présence de l’Argentin Minino Garay, qui apporte une couleur « world » à certains titres .

Quelle a été l’idée de départ pour la réalisation de l’album ?
Simplement, signifier de plus près ce que j’avais déjà fait de façon plus distillée : dessiner les mélodies jouées au piano comme le ferait une voix ( dans les reprises jouées instrumentales ); mettre en valeur une certaine façon de composer, beaucoup de lumière , avec des voix donc ; ajouter une dimension littéraire aux éléments plus jazzistiques . Cela m’a demandé un travail de réalisation assez important .

Chaque chanson est un univers à part entière. Quel est le secret pour lier tous ces morceaux entre eux ?
Moi ! Le son du piano et surtout une certaine esthétique ( harmonie , rythme , mélodie ) qui consitue le fond de ma musique, et qui est dans la lignée de ce que j’ai fait jusqu’à maintenant. C’est dans la FORME que cet album est nouveau pour moi, mais le langage que j’utilise est toujours le même .

Votre album n’incarne-t’il pas finalement l’universalité du Jazz dans une déclinaison de genres et de sensibilités diverses ?
Tout à fait . J’aime cette idée de repousser les limites de mon imagination, essayer de voir jusqu’où je peux aller dans les métissages créatifs , ne rien m’interdire .

Pas moins de 12 artistes ont une part prépondérante dans  » Song, Song, Song ». Lorsqu’on étudie votre biographie, on s’aperçoit que vous avez partagé votre talent avec de très nombreux musiciens dont bon nombre d’entre eux sont prestigieux. Le Jazz de Baptiste Trotignon n’est-il pas finalement une histoire de rencontres et d’affinités ?
Entre autres oui . Les artistes présents sur l’album ne sont pas forcément tous des « amis de longue date » , mais sont tous des artistes que je connaissais déjà . Les rencontres ( parfois improbables , ce qui est bien ! ) permettent d’apprendre à mieux se connaître soi-même .

La reprise de  » Ne me quitte pas » mêlée à celle de « la Javanaise » est tout simplement édifiante tant elle est fluide, romantique et délicate. Comment avez-vous abordé la construction de ce morceau ?
En l’essayant tout simplement ! Je pianotais un jour La Javanaise , juste pour me souvenir des accords et de la mélodie , et étant dans la même tonalité que celle du Brel , je me suis dit que ça serait bien de l’enchaîner , passer du mineur au majeur , ombre à la lumière , avec un interlude improvisé autour du La bémol majeur .

Quelle a été la part de l’improvisation sur cet album ?
Sur tous les morceaux, il y en a bien sûr , c’est omniprésent . Cela serait impossible d’écrire et d’apprendre à jouer toutes ces notes !
À part Melody qui « scatte » sur 16 mesures , le piano est le seul qui prend des solos . Ce qui amène une certaine unité, je crois .

Quel a été le travail entre vous et les artistes présents ? Avez-vous travaillé ensemble en même temps ou est-ce que chacun a réfléchi à la manière d’aborder chaque morceau de son côté?
Le travail s’est plutôt fait moi avec chacun, mais jusqu’à maintenant les 4 voix ne se sont pas encore rencontrées « en vrai » ! Le disque par rapport à la scène , c’est un peu comme le cinéma par rapport au théâtre. Monica , Jeanne et Christophe ont vraiment participé à la création puisqu’ils ont écrit des textes .
De façon générale j’essaye d’être à la fois assez directif ( ou plutôt de « contaminer » les autres avec ce qui me paraît être la bonne direction musicale ! ) et très ouvert aux envies et intuitions des artistes avec qui je travaille . Laisser le mental de côté .

De quoi êtes vous le plus satisfait dans cet album ?
De la façon dont chaque pièce représente une miniature aboutie , comme des sculptures ; après je suis évidemment aussi très fier d’avoir pu avoir sur cet album autant d’artistes différents que j’admire !

N’y a-t’il pas une volonté de votre part de démocratiser le jazz avec un album comme  » Song, Song, Song » et d’ouvrir à une autre dimension votre univers musical avec des invités prestigieux ?
Oui j’assume tout à fait l’envie que ma musique et cet album puissent plaire à beaucoup plus de gens que sur des albums plus « purement » jazzistiques . Le challenge qui m’intéresse est de trouver le bon endroit où la musique parle aux gens ( par son format , sa simplicité , sa fluidité ) tout en gardant la sophistication et la richesse de langage plus propre aux jazz et aux musiques improvisées , richesse dont je ne peux pas me passer trop longtemps , sinon je m’ennuie !

Quels sont vos projets à venir ?
À part faire vivre l’album sur scène bien sûr , un Concerto pour Piano que j’ai écrit sera créé à Bordeaux mi-novembre ( par l’ONBA et Nicholas Angelich ) ; projet très excitant qui m’a demandé un an de travail acharné ( 30 minutes de musique écrite pour piano et orchestre symphonique ). Continuer l’écriture à notre rythme aussi avec Christophe ( Miossec ) ; un album d’ici un an et quelques en duo avec Mark Turner ; un peu de flamenco, des voyages…. et toujours plein de rencontres !

Où pourra-t’on vous voir en concert dans les prochaines semaines ?
Café de la Danse à Paris les 11 et 12 octobre !!
Avec ( presque ) tous les artistes présents sur l’album !

Baptiste Trotignon – Song Song Song – Naïve

> Prochain concert – Pierres Vives – Baptiste Trotignon – Vendredi 28 novembre / 20H00 – Amphithéâtre

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