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Patrick Pineau: du vin, des mots et du génie sur le plateau

Interview de Patrick PineauCompagnie Pipo/ Par Julie Cadilhacbscnews.fr/ Après avoir suivi les classes de Denise Bonal, Michel Bouquet et Jean-Pierre Vincent au Conservatoire National d’Art Dramatique de Paris, Patrick Pineau se prête ensuite au répertoire classique autant qu’au contemporain.

propos recueillis par

Son parcours conséquent de metteur en scène le conduit notamment à monter plusieurs pièces d‘Eugène Durif et l’amènera à créer Les Barbares à Peer Gynt dans la Cour d’Honneur du Festival d’Avignon en 2004. En 2007, il monte quatre farces de Tchekhov délicieuses et poursuit son travail sur le dramaturge avec les Trois Soeurs. En ce printemps ensoleillé, l’occasion de découvrir son travail est double dans la région languedocienne. Il sera d’abord à la Scène Nationale de Sète pour un spectacle sur le vin qui auguise déjà notre curiosité et nos papilles et ensuite pour une lecture de Bouvard et Pécuchet au Printemps des Comédiens.

La Rose, la bouteille et la poignée de main, c’est un cabaret festif que vous avez imaginé comme une suite de numéros?

Pas exactement. C’est Yvon Tranchant, directeur de la Scène Nationale de Sète, qui a demandé à notre compagnie d’imaginer un spectacle autour du vin pour le Chai Skalli. Il y aura quatre représentations exceptionnelles car ce n’est pas un spectacle voué à tourner après. On va répéter sept jours notamment avec Hervé Briaux – avec qui je travaille beaucoup et qui a choisi la majorité des textes- , des musiciens et les vignerons du Bassin de Thau. Ces derniers participeront à ce spectacle de deux manières, d’abord en accueillant les gens, en offrant un verre de vin et en participant à une petite chanson d’accueil entonnée avec les comédiens et les musiciens. Ensuite nous passerons dans la salle pour un spectacle autour du vin, une création en un acte d’Hervé Briaux mêlée à des textes de Jacques Brel, de Boris Vian, d’Omar Khayyàm – poète persan du 11ème siècle, et une chanson de Nicolas Daussy – qui est compositeur et qui fait partie des musiciens. C’est un spectacle raconté par une troupe composée d’Hervé Briaux, Nicolas Bonnefoy, Laurence Cordier, Nicolas Daussy et Florent Fouquet. A la fin de la pièce, les gens retournent dans le hall du Chai, un verre leur sera à nouveau offert avec une mini-conférence autour du vin avec un sommelier..parce que le vin, on le boit, on l’apprécie mais on n’a pas toujours les mots pour en parler alors je voulais que le spectacle soit clos sur ce sommelier avec tous les spectateurs autour de lui.

Ce titre, hommage à la chanson de Brassens, c’est une invitation à profiter du temps présent?la rose, la bouteille et la poignée de main

Vous voulez dire politiquement? ( rires) Non, c’était important de trouver un titre qui me convenait alors j’ai fouillé, j’ai cherché un moment avant de tomber sur cette chanson de Brassens qui est moins connue. Pour moi, la rose, la bouteille et la poignée de main, c’était évident…C’est une chanson qui me correspondait.

Au Printemps des Comédiens ensuite, vous faîtes une lecture de Bouvard et Pécuchet en compagnie d’Hervé Briaux…comment s’est porté le choix sur cette oeuvre?

On travaille sur Flaubert avec Hervé Briaux depuis 5,6 ans et on a été choisi en 2008 pour faire un film de Marion Laine qui s’appelle Un coeur simple . Aussi, lui et moi, pour retourner dans Flaubert, on s’est mis relire sa correspondance. On s’est dit que l’on allait faire un montage de lettres de Flaubert et on l’a joué essentiellement dans les campagnes normandes. On s’est rendu compte que le public aimait ce rapport à la lecture et de fil en aiguille, du Coeur simple à la correspondance, inévitablement, ça nous a menés à Bouvard et Pécuchet, son dernier roman inachevé.

C’est un texte qui, plus qu’un autre, est vivant…permet une lecture presque jouée?

Très. Hervé Briaux en a fait une adaptation remarquable. On est tous les deux sur une chaise mais ça « bouge quand même », c’est vraiment Bouvard et Pécuchet. Toutes leurs aventures, leurs folies, on les entend même si on a du les concentrer parce que la lecture ne dure qu’une heure. C’est émouvant le ridicule de ces hommes; ils sont très touchants, drôles.Il y a un côté feuilleton; chaque chapitre est un nouveau feuilleton avec toutes leurs expériences pour essayer de comprendre le monde et d’être importants à l’intérieur de ce monde…. pour revenir finalement à ce qu’ils étaient à l’initiale, c’est à dire des copistes. Et puis c’est une langue absolument sublime, cette langue du XIXème…

Bouvard et PécuchetComment travaillez-vous une lecture?

On travaille beaucoup d’abord la répartition, l’interprétation et ensuite vient l’adaptation. C’est très dialogué, Bouvard et Pécuchet. Il y a un côté ping-pong entre deux personnes qui se parlent sans arrêt. On a décidé de mettre juste une petite touche théâtrale: deux costumes, pas d’époque mais qui rappelent un autre monde, une autre époque…et puis il y a deux chaises et deux pupitres; c’est un rapport presque radiophonique. Et même en étant sur des chaises, on est assez actif; ce n’est pas une lecture plate. Avec la lecture, on essaie de montrer les images…..

Dates des représentations:

-La Rose, la Bouteille et la Poignée de main: les 5,6,7 et 8 juin à 20h30 au Chai Skalli ( Sène Nationale de Sète et du Bassin de Thau)

-Bouvard et Pécuchet: les 9 et 10 juin au Printemps des comédiens ( Montpellier)

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