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Sylvie Bourgeois :  » J’adore le côté protocolaire du Festival de Cannes »

Propos recueillis par Emmanuelle de Boysson – bscnews.fr / Après « Sophie à Cannes », Sylvie Bourgeois publié « Sophie au Flore ». A quarante ans, Sophie débarque à Paris, loue une chambre chez une vieille dame et passe ses après-midi à boire des chocolats sur les banquettes du Café de Flore. Le portrait d’une femme à mi-vie, une satire de la faune de Saint-Germain-des-Près. Une comédie qui se boit comme un Mojito à la menthe poivrée.

propos recueillis par

Comment vous est venue l’idée de créer une série sur Sophie, une quadra qui veut changer de vie ? En utilisant la 3ème personne : mon ton est devenu plus léger, plus drôle. Sophie me permet d’exploiter ma fantaisie. Pour ne pas l’abandonner j’ai commencé un deuxième roman, le début d’une série «Les possibilités de Sophie ». Boulimique, j’ai envie d’avoir plusieurs vies.

Décrivez-nous Sophie.

Sophie aura toujours 40 ans et ne vieillira jamais. Intelligente, fragilisée par sa récente rupture amoureuse, elle veut changer de vie. Elle n’a pas fait d’études, mais elle a un sens inné de la communication, de l’organisation. Une vraie gentille. Pleine de répartie, touchante, drôle, parfois énervante. Lorsqu’un producteur veut la mettre dans son lit, Sophie ose lui dire d’aller se coucher sur le canapé, le traite de mal élevé. Fidèle en amitié, elle n’est pas rancunière. Lorsque son amie Géraldine ne la loge plus, Sophie l’invite quand même à la soirée Chopard où elle a ses entrées !

Vous ressemble-t-elle ?

Elle est blonde comme moi, mesure 1,64, chausse du 35… Mais je n’ai jamais vécu ses aventures ,ni dormi sur le pont d’un bateau durant le festival de Cannes ni chez une vieille dame.

Que pensez-vous du festival de Cannes ?

J’adore son côté protocolaire. Cinéphile, j’apprécie la qualité des projections au Palais dufestival. Pendant la nuit, le chef opérateur et l’ingénieur du son du film qui sera présenté le lendemain, viennent régler l’image et faire la balance afinque les spectateurs invités puissent assister à la séance dans des conditions idéales.

Fréquentez-vous le Flore ?

Oui. Avec mon mari, nous y avons même organisé notre déjeuner de mariage ! Le Flore est le bistrot parfait, avec son décor, sa terrasse, ses ambiances différentes au petit-déjeuner ou le soir, avec les habitués. Les propriétaires sont charmants, et puis, c’est à deux pas de chez nous.

Parlez-nous de cette satire du milieu germano-pratin ?

Je m’amuse des amours virtuels, du pouvoir des textos, des relations épistolaires par email qui se créent et se défont. Les mots excitent, provoquent des fantasmes parfois plus séduisants que dans la réalité.

Sophie ne serait-elle pas un peu naïve lorsqu’elle se laisse prendre au piège d’un politique ?

Sophie est fragilisée : il y a une phrase que j’adore : « les psychopathesdétestent la psychanalyse car elle leur retire des victimes ». Une femme équilibrée, heureuse en amour et dans son travail ne se laisserait pas, commeSophie, berner par le fantasme ambulant que représente un politique. Créer du fantasme est leur métier.

La femme de quarante ans est-elle à l’âge de tous les risques, de toutes les audaces ?

C’est l’âge des bilans. Le dernier moment avant qu’il ne soit trop tard… Les femmes de quarante ans sont encore belles et jeunes. Nous avons gagné dix ans. Ma mère m’a eue à trente-six ans, elle me disait qu’elle se sentait déjà âgée : c’est fou,non ?

En quoi consiste votre travail de scénariste ?

J’ai surtout travaillé avec mon mari, le réalisateur, Philippe Harel. Il m’a fait partagé son expérience,sa vision du cinéma, sa rigueur. Quand j’écris des scénarios, je me mets au service de mon mari que je place sans discuter en position de chef, alors que dans mes romans, je suis décisionnaire.

Des projets ?

Je me concentre sur l’écriture de mesromans. Il y a huit jours, un producteur a beaucoup ri avec « Sophie à Cannes » et m’a demandé de lui écrire un scénario sur les femmes de quarante ans… A croire que je vais devenir « la » spécialiste !

« Sophie au Flore » de Sylvie Bourgeois. Editions Flammarion

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