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Future Islands : une machine de guerre californienne

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Par Eddie Williamson – bscnews.fr / Je ne veux pas avoir l’impression de radoter quand je vous parle de la manière dont un album a réussi à me séduire, mais encore une fois il y a eu une écoute qui a fait « tilt ». Pour certains albums, c’est la première, pour d’autres, c’est la seconde, pour d’autres encore, c’est la troisième, pour quelques-uns (très peu), c’est la quatrième, pour beaucoup, c’est la cinquième (allez savoir), et quand à ce In Evening Air de Future Islands, ce fut la… première. Sauf qu’avant cette écoute, j’ai écouté quasiment tous les morceaux séparément et rien, ou presque, ne s’est passé.

J’pense que ce sont les synthés. Vous m’avez entendue dire ici et là que les sonorités trop apparentées aux années 80 me débectaient la plupart du temps. Un peu bêtement, j’avais catégorisé Future Islands dans la catégorie de ces groupes de « synthpop », des Canadiens qui se croit en 1986 avec à leur tête une sorte de grizzly romantique un peu stressé. Il y a eu le single « Tin Man », puis des extraits live (parce qu’il fallait que je vois le grizzly romantique en action), des soirées où sont passés d’autres extraits, une écoute de l’album amputée par un problème de métro… Bref, avec tout ça, ce disque n’avait aucune chance de me séduire.

Deux ans plus tard, je le réécoute, et paf. Enfin « tilt ». Entre-temps j’ai adoré des tas de groupes aux sonorités un peu eighties, des tas de trucs sont arrivés, bref, z’êtes pas là pour une auto-psychanalyse. La principale force de cet album, c’est la performance de Samuel T. Herring. Le grizzly romantique. Ce type a une voix incroyable. Avec sa puissance et son timbre, il ferait probablement merveille dans un groupe de black métal, mais il a trouvé sa place dans un groupe inspiré par la new wave, et bon sang quelle claque. Une fois que vous l’avez vu sur scène, votre expérience d’écoute de l’album change radicalement.

Ses performances sont d’une rare intensité dramatique, amplifiée par son physique, sa manière de fixer le public, de bouger… Il hypnotise les foules et transcende ses textes. Ces derniers racontent toujours une histoire, avec des personnages, des amours perdus, de la mélancholie, de la joie… Il fait tout ce qu’il peut pour exprimer le plus de choses à possible à la seconde, en complète symbiose avec la musique de J. Gerrit Welmers (synthé) et William Cashion (basse). Certes, c’est un peu théâtral parfois, mais je dois être bon public.

In Evening Air est leur second album, mais le groupe avait usé les planches des scènes américaines depuis une petite dizaine d’années avant sa sortie. Ce n’est pas une bande de petits jeunots, mais plutôt des musiciens expérimentés qui ont pris leur temps pour perfectionner leur alchimie, aussi bien en studio que sur scène. La basse de William Cashion, ultra-présente à la Joy Division, et les samples de batterie forment la structure des morceaux. La voix de Herring se pose ensuite sur les mélodies de J. Gerrit Welmers, le genre de mélodies super simples que personne n’a jamais réussi à trouver, et qui ferait fondre le cœur d’un terroriste.

Plus de la moitié des morceaux d’In Evening Air touchent au sublime. Il aurait été dommage que je ne rencontre pas cet album dans les bonnes conditions, et il aurait été encore plus dommage que je ne vous invite pas à l’écouter.

Future Islands
In Evening Air
Sorti le 4 mai 2010 (Thrill Jockey)
En écoute sur Grooveshark : http://grooveshark.com/playlist/Future+Islands+In+Evening+Air/66692345

 

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