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One day à la Bobitch: un clown qui mérite de faire du bruit!

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Par Julie Cadilhacbscnews.fr/ C’est l’histoire d’une heure perdue près d’une fleur, une heure à rêver, une heure à attendre, loin du monde hostile et de ses bruits agressifs, une heure à espérer…

comme pourrait le dire Thomas Fersen. Boris Arquier incarne un Mr Bobitch dont chaque dérapage est exquis et son déséquilibre en fait un être extrêmement touchant. Teintes d’une douce folie, ses journées s’égrènent au rythme saugrenu des rappels à l’ordre informatiques et des préventions ( médicales, professionnelles etc…) qui lui sont serinées. A bout de souffle et de coeur, Boris Arquier ,mis en scène par Michel Dallaire, donne à voir une performance d’acteur impressionnante. Voilà un comédien qui donne tout sur le plateau et cette générosité de jeu contamine le public qui rit à multiples reprises aux éclats! Expert en grommelots et bruiteur de GRAND talent, il amène sur scène de nombreux autres personnages invisibles mais bien présents dans des accents aussi burlesques qu’exotiques et l’on est épaté par cette capacité à gérer autant de monde à un seul! Texte, geste et situation se nourrissent de références aussi fines que potaches: clins d’oeil cinématographiques, allitérations, jeux sur les expressions ( connaissiez-vous l’handicap provisoire du bleu sur la langue?) et Boris Arquier propose une vision panoramique des styles musicaux ( jazz, opéra, rap, techno) à ne pas manquer! Les costumes, constitués de matières simples et amples, deviennent prétexte à des métamorphoses étonnantes. Bref, tout est utilisé à des fins drolatiques pour le plus grand plaisir du public.

Mais ce que l’on aime surtout dans ce spectacle clownesque, c’est l’ironie sous-jacente qui perce et clignote derrière chacune des situations montrées. Sous couvert de pitreries, on dénonce notre laxisme vis à vis d’un monde qui bouge, se transforme, efface l’humain pour augmenter la productivité, oublie l’homme derrière la machine…même lorsqu’elle est créée pour le soulager. On rit jaune devant la recrudescence abusive des contrôles policiers, l’utilisation délirante des cartes de crédit et de fidélité, la bouffe aseptisée, l’incommunication maladive et la présence omniprésente des machines dans un monde où la fantaisie et le hasard ont disparu. One day à la Bobitch, c’est un être singulier au coeur de la tourmente moderne, déboussolé dans un monde où l’humain n’est plus qu’une valeur économique et/ou marchande, un monde où, en s’imaginant progresser, en voulant protéger, améliorer, on régresse et on abime…oui, comme Bobitch qui sait mieux lire que nous, on devrait voir noté sur les bombes aérosols:  » destroy the planet but not the reste » et la préserver, notre planète…

Titre: One day à la Bobitch

Texte: Boris Arquier

Mise en scène: Michel Dallaire

Régie: Pierre Louet

Avec Boris Arquier

Dates de représentation:

– Le 11,12,13,14 octobre 2011 à Balaruc-les Bains, Maison du peuple ( Scène nationale de Sète et du bassin de Thau)

– Le 6 et 8 mars 2012 au Théâtre Jean Vilar ( Montpellier)

– Au festival d’Avignon 2012

– Le 27 février 2013 à la Maison pour tous Georges Brassens ( Montpellier)

– Le 6 avril 2013 à Prémiam (34)

– Le 31 mai 2013 à la Maison pour tous Voltaire à Montpellier 2013

– Les 5 et 6 décembre 2013 à Pézenas

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