fbpx

La mort et son asticot au Théâtre Jean Vilar

par

Par Julie CadilhacPUTSCH.MEDIA / Crédit-photo : Piper Mavis. Imaginez une soirée en tête à tête ( ou presque) avec un asticot impertinent, joyeux drille venant vous chanter les joies de la décomposition, accompagné de textes superbement macabres de William Shakespeare, Charles Baudelaire, Jean Giono, Vladimir Jankelevitch, Charlotte Delbo ou encore Philippe Caubère.

Aux bras de son accordéon farceur et entourée d’accessoires ( chapeaux, capes, cannes, lunettes etc…) , Clémence Massart, après s’être dévêtue de son costume d’asticot ( confectionnée par Sophie Lascelles), incarne une dizaine de personnages hétéroclites censés nous réconcilier avec la Faucheuse. Une démonstration en mots qui fait grincer des dents et rire jaune…ou de bon coeur…c’est selon.

Coups de coeur notamment pour certains passages où le truculent se mêle à la répulsion, la poésie à l’humour. On aime ainsi: l’intellectuel tête en l’air aux discours scientifiques rassurants (?) sur la subtantifique moelle de la vie et de la mort, le vétéran usé et sa description atrocement précise du massacre , par mines, rats et corbeaux, des corps des soldats sur le champ de bataille, le lord curieux, penché au dessus de la  » fosse au travail » ( Clémence Massart imite l’accent anglais avec une drôlerie décapante!). Le spectateur ne peut qu’applaudir la performance scénique des transformations successives de la comédienne qui réussit, grâce à un ou deux accessoires judicieusement choisi(s), à métamorphoser son visage, ses postures, sa voix, avec une aisance admirable.

Assurément, dans l’Asticot de Shakespeare, on se laisse entraîner par la bonhommie de cette apologie de la Mort. Seul bémol, souvent dû à un spectacle tout récent ( créé au Théâtre Sorano de Toulouse en février 2010), certains monologues traînent un peu en longueur et on apprécierait que soient « réduits » les classiques pour éviter la lassitude qui pèse, parfois, en fin de démonstration.

Cependant, l’Asticot de Shakespeare vous permet de revoir les côtés obscurs de quelques grandes pièces comme Roméo et Juliette ou Hamlet, vous remémore certains poèmes oubliés comme celui de La Charogne de Baudelaire et offre quelques chansons amusantes à savourer de son vivant!

Titre: L’Asticot de Shakespeare

Comédienne: Clémence Massart

Spectacle de: Clémence Massart et Philippe Caubère

Dates des représentations:

Au théâtre Jean Vilar: les 20, 21 et 22 octobre 2010.

Du 7 au 28 juillet 2012 à 18h au Théâtre des Carmes André Benedetto au Festival d’Avignon 2012

Laissez votre commentaire

Il vous reste

1 article à lire

M'abonner à